La marche pour dénoncer la cherté de la vie du collectif Noo lank n’aura pas lieu cet après-midi à la Place de la Nation, à cause de l’interdiction prononcée hier par le préfet de Dakar.Par Souleymane THIAM – 

Alioune Badara Samb est parti, mais son successeur à la préfecture de Dakar ne se fera pas que des amis dans les rangs des activistes. La grande marche annoncée contre la vie chère cet après-midi à la Place de la Nation a été interdite par Mor Talla Tine, moins de deux mois après son installation. Il a été notifié aux marcheurs les arguments de «troubles à l’ordre public, risques de propagation du Covid-19 et entrave à la liberté de circulation des personnes et des biens». A l’heure où on écrivait ces lignes, le collectif Noo lank était en réunion d’urgence pour voir la conduite à tenir. Mais la tendance n’était pas à une défiance de l’arrêté préfectoral. Ce rassemblement devait se tenir dans un contexte de hausse des prix du riz, du sucre, de l’huile, entre autres produits à grande consommation. La rencontre entre le collectif et la ministre du Commerce et des Pme, Assome Aminata Diatta, mardi dernier, à la sphère ministérielle de Diamniadio pour discuter de la hausse des prix des produits de consommation n’y a rien fait.
Cependant, de sérieux doutes planaient sur la capacité de mobilisation de Noo lank. Mouvement de contestation né en décembre 2019 suite à la hausse du prix de l’électricité, le collectif s’est essoufflé dans le temps. Pis, les deux piliers de la lutte, à savoir à savoir les mouvements Y’en a marre et Frapp/France dégage ont suspendu depuis janvier dernier leurs activités au sein de Noo lank. Dakar Actu expliquait à l’époque que Y’en a marre a gelé ses activités dans le collectif à cause des «nouvelles orientations et le management qu’a pris la plateforme Noo lank». Le mouvement Frapp/France dégage justifiait sa nouvelle posture par une «entorse aux règles les plus élémentaires de la démocratie organisationnelle, de fractionnisme, de non-respect des décisions prises collégialement, de putschisme, etc.». Résultats : aucun parti d’opposition d’envergure ou des activistes influents ne portent le combat du collectif désormais entre les mains de jeunes qui se nomment Pape Abdoulaye Touré, Mourtala Seck ou Chérif Ngaïdo. Aujourd’hui, les détracteurs du régime en place se retrouvent plus au sein du Mouvement pour la défense de la démocratie (M2D) qui a supplanté Noo lank. Comme le mouvement Aar li nu bokk, créé lors de la polémique sur le pétrole, Noo lank se cherche un second souffle.
Stagiaire