Manifestations dans le box des médias : Les journalistes réclament la liberté de PAN

Alors que personne ne s’y attendait, des reporters venus couvrir la Dpg du Premier ministre ont improvisé une manifestation pour réclamer la libération du journaliste, Pape Alé Niang, évacué à l’hôpital après plus d’une semaine de grève de la faim. Arrêtés pendant quelques heures, deux reporters ont été finalement libérés.
L’occasion était belle pour faire passer leur message. Pour manifester leur soutien à leur confrère, Pape Alé Niang, ils ont profité de l’exposition médiatique de la Déclaration de politique générale du Premier ministre Amadou Ba pour improviser une manifestation de soutien au directeur de publication du site Dakar Matin évacué à cause de la grève de la faim qu’il observe depuis le début du mois. «Libérer Pape Alé ! Libérer Papa Alé», scandent les reporters, en brandissant des tee-shirts de couleur rouge avec l’effigie du journaliste. Pendant une bonne poignée de minutes, les reporters, venus assurer la couverture de ce grand événement, ont empêché le président de l’Assemblée nationale d’ouvrir la séance et de donner la parole au Premier ministre.
Cette manifestation improvisée a été fortement appréciée par quelques députés de l’opposition, qui ont applaudi le geste posé par les journalistes. Alors que les partisans du régime, nichés dans les gradins, ont répliqué en scandant «Macky, Macky» ! Plus nombreux, ils ont noyé les voix qui émanaient des boxes des journalistes. Evidemment, cela n’a pas empêché les journalistes de faire passer leur message, qui a été bien reçu par le chef du gouvernement. «La liberté d’expression est le fondement de toute démocratie. Il ne saurait avoir une pleine démocratie sans une information fiable et transparente. Notre pays a une longue tradition de protection des droits fondamentaux, notamment la liberté d’expression, la liberté d’information et la liberté de presse gage de toute liberté. Ces droits ne sont pas cependant absolus. La responsabilité et l’engagement, la recevabilité en sont les corolaires», répond le Premier ministre. Selon lui, il «s’exerce dans le strict respect des lois en vigueur et en conformité avec l’éthique et la déontologie». Il enchaîne : «Nous savons que le recours aux médias classiques n’est plus obligatoire. Pour communiquer, les réseaux sociaux constituent une importante avancée pour la liberté d’expression. Ils ont révolutionné et modernisé l’industrie des médias et les modes de communication, en offrant aux citoyens et la Société civile, une diversité de communication. Force est de constater que les libertés de communication offertes par les réseaux sociaux génèrent des attitudes inacceptables. Violations de la vie privée, messages de haine, fausses informations, diffamation, harcèlement, appel à la violence propagande au terrorisme. Face à tant de dérives malheureuses, «notre société s’interroge, s’inquiète et s’alarme. Elle exige de vous et de nous tous, des mesures fortes pour combattre les avis contre-nature de quelque origine que ce soit», précise-t-il.
Pour le Premier ministre, les autorités sont en train de réfléchir à un dispositif de régularisation des réseaux sociaux et des cybers espaces. «De toute évidence, l’intervention publique doit reposer sur un équilibre, entre une politique ferme indispensable pour lutter efficacement contre les auteurs et responsables des abus et la diversion face au sens citoyen. Dans cette perspective, il faut de larges concertations des acteurs dans le but de concilier la liberté d’expression avec le droit d’être protégé contre la manipulation de l’information, le droit de ne pas être diffamé, injurié dans les réseaux sociaux», soutient le Premier ministre. De l’avis de Amadou Ba, «l’atout indéniable de notre société se trouve dans la diversité des opinions, l’acceptation de la différence, le respect de chacun. Nous partageons tous l’idéal de liberté. Cet idéal sera protégé. Et pour mieux assurer la sécurité et la tranquillité publique, et le maintien de l’ordre, les effectifs de la police et de la gendarmerie ont été relevés et le seront davantage».
Par Justin GOMIS – justin@lequotidien.sn