Mbour – Semaine du climat et de l’énergie : Les acteurs non étatiques pour plus d’équité, de justice climatique

En prélude à la prochaine Cop29 prévue à Bakou, en Azerbaïdjan, les acteurs non étatiques engagés dans la lutte contre le changement climatique réclament plus de justice et d’équité. Mais, le chemin est encore parsemé de revendications.Par Alioune Badara CISS –
Dans la déclaration des négociations de Dubaï qui avait accueilli la Cop28, il avait été demandé aux pays, selon leur contexte, de s’inscrire dans le processus afin de répondre aux objectifs de l’Accord de Paris, en rehaussant leurs engagements. Aujourd’hui, en prélude à la prochaine Cop, les acteurs non étatiques comptent accompagner les pays dans la mise en œuvre de politiques sensibles à la société carbone équitables et inclusives, garantissant une durabilité pour tous. C’est dans ce cadre qu’Enda énergie, en partenariat avec Oxfam, Natural justice, Acf, Fondation Ford, entre autres, a organisé, depuis lundi à Saly, la troisième édition de la Semaine énergie et climat. Selon Emmanuel Seck, Directeur exécutif d’Enda énergie, cette semaine est axée essentiellement sur l’action locale pour la sobriété carbone et la résilience climatique. «Cela nous permet de pouvoir faire le bilan de ce qui a été fait depuis la Cop28. Donc, sur les pertes et dommages, nous appelons à une opérationnalisation effective qui puisse permettre aux populations d’avoir les ressources adéquates pour faire face aux désastres et catastrophes climatiques», déclare le Directeur exécutif d’Enda énergie.
Il a souligné que le bilan mondial est très faible par rapport aux engagements des pays à travers les Contributions déterminées au niveau national (Cdn). «Nous disons qu’il serait important que les acteurs au niveau local puissent être considérés dans ces bilans-là pour éviter d’avoir un billet par rapport aux actions menées dans le domaine de l’agriculture, de la reforestation, de la gestion durable des terres. En plus de ça, il y a l’aspect transition. En faisant cette transition, il faut qu’il y ait davantage une inclusion de citoyens au niveau de nos différents pays, mais aussi des populations au niveau local, parce qu’on ne peut pas prétendre à un changement de paradigme pour arriver à une société sobre en carbone ou bien résilience sans que les acteurs-clés qui sont dans le terrain ne puissent être considérés dans cette dynamique-là», indique Emmanuel Seck.
Ainsi, cette troisième édition de la Semaine du climat et de l’énergie va permettre à ces acteurs de faire une prospection sur les questions de l’heure telles que les catastrophes climatiques, les pertes et dommages, ainsi que sur les solutions et les innovations qui sont menées au niveau local pour la valorisation des chaînes de valeur qui permettent au moins de faciliter l’accès pour l’irrigation mais aussi pour la conservation. Durant cette Semaine du climat et de l’énergie, les acteurs vont échanger sur les mécanismes qui puissent permettre de faciliter ou de canaliser les ressources, les financements vers les communautés. «Nous avons tous vu que par rapport aux dispositions internationales, moins de 10% des financements arrivent vers les communautés, et nous pensons que pour parler de questions d’équité, de justice climatique, il est important que ceux qui sont les plus vulnérables et qui souffrent de catastrophe puissent accéder réellement aux financements. Donc, pour nous, c’est fondamental d’avoir beaucoup plus d’implication dans la mise en œuvre des Cdn», ajoute M. Seck.
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