Comme chaque année à leur retour de leur retraite spirituelle du Daaka, les pèlerins sont accueillis et célébrés pour avoir accompli un devoir envers leur guide. Cette année, les premiers pèlerins ont foulé le sol du Fouta la nuit du lundi, mais les longs convois ont défilé toute la matinée du mardi sur la route nationale. Des enfants et des femmes étaient sur les abords de la Rn 2 pour regarder le défilé de voitures. Des pèlerins de retour au Fouta, célébrés partout où ils sont passés et accueillis chaleureusement avec des provisions.Par Demba NIANG

– L’édition du Daaka, ayant pris fin lundi matin, les pèlerins foutankés, originaires des départements les plus proches de Médina Gounass, ont commencé à arriver par vagues dès le même jour, mais un peu tard dans la nuit. Mais, le plus grand nombre est revenu dans la matinée d’hier, plongeant les villes et villages dans l’allégresse. Une file de voitures que de nombreux habitants aiment regarder chaque année, en répétant une seule phrase : «Ndeyssan yaanobé Daaka ngaarti (Ah ! Ceux qui étaient partis pour le Daaka sont de retour).» Cette phrase est une expression de soulagement et aussi d’envie, car le Daaka est un évènement marquant. Après dix jours d’absence, les pèlerins sont accueillis comme des héros, car la conscience collective au Nord-est retient que le Daaka est par ailleurs l’accomplissement du vœu d’un digne fils. C’est un retour préparé dans les familles et les «Dental Daaka» de chaque localité et, avec le téléphone, les étapes du voyage du retour sont très bien suivies. Les deux arrivées de pèlerins les plus spectaculaires sont celles de Galoya et Thikité.
A Galoya, toutes les voitures se retrouvent chez Thierno Abdoul Aziz Kane où elles avaient pris départ, pour des félicitations entre disciples et des prières pour des retrouvailles prochaines. En partance pour le Daaka il y a plus de 10 jours, les voitures des pèlerins foutankés se font remarquer par des porte-bagages chargés de bidons jaunes de 20 litres d’huile. Au retour, les mêmes bidons étaient au rendez-vous mais cette fois-ci, remplis de miel, l’une des provisions que les pèlerins se font le devoir de ramener à la fin du Daaka. Ce produit reste abondant dans tout le Fouta des mois après l’événement religieux, car il est distribué en guise de cadeau du Daaka. Certains pèlerins reviennent avec des plantes médicinales pour l’automédication ou pour leur activité de tradipraticiens. Les marabouts et charlatans reviennent avec des produits pour le travail. Les jours passés au Sud leur permettent de s’approvisionner en produits comme des peaux d’animaux sauvages et des plantes. Un marabout, Mamoudou S., expose les produits qu’il a achetés pour la bonne marche de son activité : «Dans les marchés du Fouta, on ne peut pas avoir ces produits, surtout ceux qui ont trait avec les animaux sauvages, et de nombreux marabouts se rendent au Daaka pour s’approvisionner en quantité suffisante.» A côté des marabouts pèlerins, il y a des charlatans qui reviennent avec des racines, des écorces et des feuilles achetés pour leur activité. Pour eux, après les bénédictions du Daaka, c’est le temps du business.
Accompagnés à leur départ pour Médina Gounass par des foules immenses, ce sont ces mêmes soutiens qui sont au rendez-vous pour un accueil chaleureux et une célébration au retour des pèlerins. Des pèlerins foutankés qui portent chacun, par devers lui, des provisions en guise de cadeau et des produits à usage thérapeutique et mystique.

Correspondant