L’ancien président Jammeh a finalement accepté de quitter le pouvoir et la Gambie, permettant ainsi une résolution pacifique de cette crise qui a mobilisé la communauté internationale et particulièrement la Cedeao avec le Sénégal comme tête de file. Je voudrais saluer encore les nombreux efforts de la diplomatie sénégalaise, qui a  affirmé son leadership en initiant la résolution au sein des Nations-unies ayant conduit à l’adoption à l’unanimité de l’opération «Restaurer la démocratie».
Le Sénégal a ainsi beaucoup à gagner avec ce départ de Yahya Jammeh et l’instauration d’une Gambie démocratique. Les enjeux sont multiples et les premiers sont d’ordre sécuritaire. A cet effet, la Cedeao et le pays d’accueil doivent surveiller en permanence les agissements de Jammeh pour éviter toute tentative de déstabilisation de la sous-région.
Au-delà du désenclavement de la Casamance, il y a l’espoir de mieux lutter contre les trafics : la drogue mais aussi le bois des forêts de Casa­mance, qui embarque pour la Chine, via la Gambie.
Mais pour le Sénégal, c’est surtout l’occasion de mettre un point final à la rébellion casamançaise du Mfdc. Yahya Jammeh avait en effet offert à la branche de Salif Sadio une base arrière. C’était pour lui un moyen permanent de pression sur le Sénégal. Nous devons changer maintenant cette donne!
Nous devons maintenant travailler durablement avec le nouveau régime du Président Barrow, pour non seulement renforcer son autorité, mais l’accompagner à ancrer profondément la Gambie dans la démocratie.
Tels sont les défis qui se posent à nous et que nous devons relever pour réussir cette nécessaire transition démocratique en Gambie, au service de la paix et de la stabilité de la sous-région ouest-africaine.

Babacar BA
Président Mouvement Alternatives citoyennes
babacarba200@gmail.com