Mot d’ordre de grève : Le Sames paralyse la Santé pour 48 heures
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Le Syndicat autonome des médecins du Sénégal (Sames) a décrété une grève de 48 heures qui débute aujourd’hui. Le non-respect de leur plateforme revendicative est à l’origine de cette grève décidée par les médecins intervenant dans les hôpitaux publics.
«Devant l’absence d’action concrète du gouvernement dans le sens d’un dialogue et d’un consensus pour solutionner nos revendications, le Sames est au regret de poser ce jour le premier acte de son plan d’actions qui consiste en une grève générale de 48 heures, avec respect strict des urgences sur tout le territoire national, les 18 et 19 février 2025», a annoncé Diabel Dramé, Sg adjoint Sames chargé des affaires médicales, lors d’une conférence de presse tenue dans les locaux de l’Ordre national des médecins. Les 14 rencontres que la Sames a eues avec l’Etat, n’ont abouti à rien selon les responsables syndicaux qui ont rencontré le ministre de la Santé le jeudi dernier. «Aujourd’hui, en faisant l’analyse de ces 14 rencontres, on se rend compte que l’Etat du Sénégal n’a jusqu’à présent rien arrêté avec nous de concret. Aucune proposition concrète sur ces revendications n’a été apportée par l’Etat du Sénégal. C’est ce qui motive d’ailleurs la démarche d’aujourd’hui. Donc jusqu’à présent, on n’a pas avancé d’un iota. L’Etat a réaffirmé, à travers les différentes rencontres, le bien-fondé des revendications que nous posons sur la table, mais aucune solution, aucune proposition concrète n’a été apportée», précise par ailleurs Dr Mamadou Demba Ndour, Sg du Sames.
Leur plateforme revendicative, qui remonte à décembre 2023, «embrasse 84 points de revendication», mais le Sames «a pris sur lui l’initiative, dès le début, en décembre, de synthétiser et de se focaliser sur six points essentiels, voire sept».
Les revendications tournent essentiellement autour «du recrutement des médecins pharmaciens et chirurgiens-dentistes dans la Fonction publique pour soulager les structures sanitaires, la gestion démocratique des ressources humaines à travers un appel à candidatures lors des nominations à des postes de responsabilité». D’ailleurs, ils disent que le secteur de la santé, ayant des ressources de qualité, pourrait être le précurseur de cet appel à candidatures prôné par les nouvelles autorités. L’autre point concerne le régime indemnitaire qui, selon eux, «souffre d’une incohérence et d’une injustice notoires au détriment des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes».
La construction progressive de nouveaux hôpitaux au niveau des départements pour rapprocher les soins de qualité des populations ainsi que l’accélération de la mise en œuvre de la Couverture sanitaire universelle, en passant par le remboursement de la dette de la Cmu due aux structures sanitaires, sont contenus dans la plateforme revendicative du Sames. Ce syndicat exige la matérialisation du statut des médecins en spécialisation et des internes des hôpitaux qui tarde à être faite, ce qui rend ces derniers très vulnérables sur le plan socioprofessionnel.
Par A. MBODJI – ambodji@lequotidien.sn