En tentant d’atteindre l’Europe via la Méditerranée, 1 250 personnes sont mortes en 2019. Même s’il a été noté une baisse du nombre de migrants morts en essayant de traverser les frontières internationales l’année passée, le couloir méditerranéen est toujours plus meurtrier.
L’Organisation internationale pour les migrations (Oim) fait état d’un net recul du nombre de migrants morts en tentant de traverser les frontières internationales durant l’année 2019. Dans un document, l’Oim souligne que «le nombre de décès de migrants s’élevait à au moins 3 170 à la mi-décembre, contre seulement un peu plus de 4 800 à cette période l’an dernier, soit une baisse de 34%». Seulement, l’organisation fait remarquer que le couloir méditerranéen est «toujours le plus meurtrier». D’après les chiffres «jusqu’à la mi-décembre, au moins 1 250 hommes, femmes et enfants avaient péri en tentant d’atteindre l’Europe via la Méditerranée, dont huit nouvelles victimes le 17 décembre». Il est souligné dans le document que «cette année marque la cinquième consécutive où ont été recensés au moins 1 000 décès dans la Méditerranée». Ainsi, il est noté que «depuis 2014, plus de 19 mille migrants et réfugiés sont morts dans la mer Méditerranée, plus des deux tiers de ce total ont péri le long de la Méditerranée centrale reliant la Libye et la Tunisie à l’Italie». Selon l’Oim, «la migration irrégulière via des points de départ en Turquie, en Libye et à travers l’Afrique du Nord atteignait les 100 mille hommes, femmes et enfants pour la sixième année consécutive». Les statistiques montrent que «plus de 13 mille migrants sont entrés en Europe via des itinéraires terrestres le long de la Méditerranée, soit en entrant en Grèce près des passages aux frontières avec la Turquie, soit en entrant en Espagne par les deux enclaves espagnoles de Ceuta et de Melilla en Afrique du Nord». Même si 100 mille est un chiffre considérable, l’Oim estime toutefois que «le nombre de traversées de la Méditerranée en 2019 est en nette baisse ces dernières années». Pour cette organisation, «hormis une recrudescence en fin d’année, 2019 sera l’année caractérisée par le plus faible nombre de migrants irréguliers traversant la Méditerranée depuis que l’Oim a commencé à recueillir ces statistiques en 2014». Toutefois, l’organisation attire l’attention sur le fait que «bien que les départs de Libye aient diminué en 2019, le périple reste toujours aussi meurtrier». D’ailleurs, l’organisation informe avoir enregistré «44 incidents mortels au large des côtes libyennes cette année, coûtant la vie à 743 migrants». Cette situation, souligne l’organisation dans son document, «montre la nécessité d’augmenter la capacité de recherche et de sauvetage pour réduire le nombre de pertes humaines en mer». En particulier, ajoute l’Oim, «dans la Méditerranée centrale qui reste la traversée maritime la plus meurtrière du monde».
Par ailleurs en 2019, l’Oim a enregistré «126 mille 360 migrants irréguliers arrivés au Yémen depuis la corne de l’Afrique, dont une vaste majorité (92%) en provenance d’Ethiopie, et le reste de Somalie». D’après les estimations, «le total de cette année dépassera 137 mille migrants le long de cet itinéraire qui reste l’un des plus dangereux du monde». S’agissant des migrants dans les centres d’accueil européens, les auteurs du document font état, à la «date du 15 décembre, de quelque 211 mille 071 migrants hébergés dans des centres d’accueil officiels dans la région».