Parlons survie avant tout ; le tralala après

Les crises du marché immobilier, de la dette publique élevée et du chômage risquent de déboucher sur une baisse persistante de la consommation. La baisse significative des importations, faussement rassurante dans notre contexte économique, est annonciatrice d’une dynamique économique qui s’arrête. Dès lors, à défaut de pouvoir réguler efficacement notre taux de change, la solution pourrait résider dans la monétisation de notre dette. En effet, la Bceao a racheté 100 milliards F Cfa de titres de dette togolaise, en septembre 2023. Ceci a permis au Togo de réduire sa dette et de diminuer les charges y afférentes.
Il faut une meilleure répartition des efforts avec une vision claire et une perspective crédible d’adhésion. Plan Sénégal 2050, c’est une prédication sur une résurrection hypothétique des Sénégalais. Il est impossible de faire rêver, à l’intérieur du pays et à l’étranger, avec un niveau de vie qui s’étiole à vue d’œil. La réduction des dépenses publiques, c’est aussi la réduction des revenus des Sénégalais, notamment du secteur privé et des ménages. La suppression des transferts sociaux tels que les bourses familiales, traduit directement une baisse fatale des revenus disponibles. Les impôts en hausse impactent pareillement le pouvoir d’achat.
La Chine joue exagérément sur ses taux de change. Les Usa abusent de leur planche à billets sans gêne. Les Droits de tirage spéciaux mal répartis ne favorisent-ils pas les pays industrialisés à notre détriment ? Involontairement, l’activiste Kémi Séba a pointé du doigt le véritable enjeu de l’heure, à savoir la préservation d’une bonne image au-delà de toute autre considération technocratique. Il dit ceci : «Macky Sall, lorsqu’il était Président, tout le monde disait qu’il avait de très bons chiffres économiques, que le Sénégal avait de bons indices de développement. On disait que le Sénégal était la deuxième économie de l’Uemoa. Personne ne parlait des problèmes économiques de surendettement.» «Si le destin du continent se joue entre nos mains, il reste aussi tributaire d’une gouvernance politique, économique et financière mondiale qui fait peu de place à nos pays», avait dit un chef d’Etat, à tout le moins, stratège.
Malheureusement, ses successeurs procèdent actuellement à une technocratisation à outrance de l’économie, avec le risque de produire partout divers déséquilibres hors de contrôle, un pays sans gouvernail. La financiarisation n’est pas une fin en soi. L’enjeu ne consiste pas à assouvir un besoin de justification ou de révélation. Il doit davantage être question de desserrer les carcans qui étouffent le pays.
Birame NDIAYE Waltako