Plan – Elimination des Mgf d’ici 2030 : Le ministère de la Femme met les bouchées doubles

Le Sénégal a célébré hier, la Journée internationale tolérance zéro face aux Mutilations génitales féminines/excision (Mgf/e), en validant la politique de la Stratégie nationale pour l’abandon des mutilations génitales féminines (Mgf) au Sénégal pour la période 2022-2030. Elle est dotée d’un budget pour le Plan d’action quinquennal (2022-2026), de 4 milliards 648 millions 561 mille 331 F Cfa.
Par Ousmane SOW
– Les Mutilations génitales féminines/excision restent un sujet sensible, car elles touchent à l’identité des femmes et leur sexualité. Malgré les nombreux efforts consentis pour l’abandon de ces pratiques, des défis majeurs demeurent tant au niveau institutionnel que communautaire. Bien sûr, surtout lorsqu’il s’agit de dissocier la pratique de la religion. En effet, le taux de prévalence des filles de moins de 15 ans est passé de 14% à 16% entre 2018 et 2019, selon l’Enquête démographique et de santé continue et environ 25% des femmes âgées de 15-49 ans, soit une hausse de 2 % par rapport à 2018 où ce taux était de 23% (Eds-C-2018). Que faire pour mettre fin à ces pratiques «néfastes» qui, en plus de constituer une violation des droits humains et des libertés fondamentales des filles et femmes, ont des répercussions sur leur santé ainsi que leur dignité ? «Il faut absolument que se dégage, entre les autorités, organisations internationales, dirigeants politiques et religieux, les médias, la Société civile et le corps médical, une synergie, seule à même de permettre la concrétisation de l’objectif visant à l’abandon de cette pratique en l’espace d’une génération», répond Sophie Ndiaye Sy, responsable du Réseau des jeunes pour la promotion de l’abandon de l’excision, lors d’un atelier de validation de la Stratégie nationale Mgf (2022-2030) et du Plan d’action (2022-2026). Placée sous le thème «Accélérer les investissements pour mettre fin aux mutilations génitales féminines», la Journée internationale tolérance zéro à l’égard des Mgf, célébrée chaque année le 6 février, vise à «démontrer que les Mgf relèvent du social, du politique ; c’est affirmer que seule une approche holistique peut y mettre fin et à ce titre, elles engagent aussi bien les hommes et les femmes de la communauté humaine, afin de retrouver les chemins d’une humanité toute faite de dignité».
Dans une démarche inclusive et participative, le Sénégal a élaboré une nouvelle Stratégie nationale pour l’abandon de la pratique des mutilations génitales féminines, avec l’appui technique et financier de l’Unfpa et l’Unicef, dans le cadre du Programme conjoint pour l’abandon des Mgf et l’implication de l’ensemble des acteurs sectoriels, de la Société civile, des organisations de femmes, de jeunes, des leaders religieux et traditionnels. «Nous voulons demander à chaque personne qui défend la pratique des Mgf, de demander aux femmes et filles victimes, ce que représente ces atteintes, pratiques, comme souffrances et lésions irréparables pour elles, et qui, parfois très jeunes, subissent ces actes d’une brutalité inouïe. Celles qui ont subi ces pratiques, en subiront toute leur vie le poids, avec tous les risques que cela comporte pour leur santé», plaide Sophie Ndiaye Sy. C’est dans ce cadre que s’inscrit l’atelier de validation qui a comme objectif, d’éliminer la pratique des mutilations génitales féminines au Sénégal d’ici 2030.
En écho, Mame Ngor Diouf, Secrétaire général du ministère de la Femme, informe que la vision générale de la stratégie est d’éradiquer définitivement cette pratique en 2030 et de disposer enfin d’un «Sénégal sans Mgf, où toutes les femmes et filles jouissent de leur droit à l’intégrité physique».
Education sexuelle
L’abandon de la pratique des Mgf a, depuis très longtemps, constitué un engagement du gouvernement, qui l’a manifesté d’ailleurs à travers l’adoption de la Loi n° 99-05 du 29 janvier 1999, interdisant la pratique de l’excision. Pour orienter la planification des programmes, projets et interventions visant à éradiquer les mutilations féminines, les acteurs ont validé le Document stratégique national multisectoriel dont le budget pour le Plan d’action quinquennal (2022-2026) est estimé à 4 milliards 648 millions 561 mille 331 F Cfa. Mme Awa Guèye, présidente du Réseau des femmes parlementaires et de la Commission santé à l’Assemblée nationale, «s’engage» à porter le plaidoyer pour promouvoir l’éducation sexuelle en vue de l’élimination des Mgf, le respect des droits humains et de l’égalité entre les sexes.