PODOR – Ayant réussi à assurer la sécurité de leurs moutons de tabaski : Les populations projettent de pérenniser l’expérience

A la veille de la Tabaski, les populations du Fouta ont subi une série de vols de moutons achetés ou élevés pour les besoins de la fête de l’Aïd el Kébir. Dans la commune de Pété, la bande de voleurs de moutons qui y avait sévi a été finalement arrêtée par les éléments de la brigade de gendarmerie de Pété. Ces mêmes éléments auraient été victimes de ces vols de moutons. Avant l’arrestation de la bande, alors qu’elle commençait à inquiéter les populations de Pété qui dormaient d’un seul œil, celles-ci ont eu à marcher jusqu’à la brigade pour exprimer leur ras-le-bol sur leur insécurité et celle de leurs biens. Mais ce poste ne compte pas plus de douze agents qui ont en charge la sécurité d’une dizaine de communes pour la plupart des communes rurales.
Avec la récurrence de ces vols dans la deuxième quinzaine du mois de juillet dans nombre de localités dans le département de Podor, les populations se sont organisées en comité de vigilance. Ce sont pour la plupart des localités, des jeunes organisés qui font des rondes toute la nuit.
Conscientes de la pertinence de ces actions, les autorités locales (chefs de village, chefs de quartier, maires, sous-préfets) ont béni l’idée. Ces comités de vigilance ont eu à dissuader beaucoup de malfaiteurs avec leurs sifflets qui retentissaient de 23h au petit matin. A Lougué, une localité dans la commune de Mbolo Birane, le coordonnateur du comité, un agent de l’Asp (Agence nationale de la sécurité de proximité), raconte qu’avec ses collaborateurs, ils ont repoussé plus d’une fois des voleurs. Et il conclut en souriant qu’ils ont permis à plusieurs familles de disposer de leur mouton le jour de la fête. De fil en aiguille, des comités de vigilance formalisés et encadrés ont été actifs jusqu’au jeudi. Si ces jeunes qui sécurisent leurs différentes localités déclarent leur bénévolat, les populations ont mis la main dans la poche pour les accompagner dans leurs veillées nocturnes. Dans plusieurs localités, les populations ont contribué à hauteur de 1000 francs par ménage.
Au lendemain de la Tabaski, les populations ont fait le bilan et se projettent. C’est ainsi que les comités de vigilance ont été renforcés pour être pérennisés. Les projections faites par les habitants du Fouta ont été d’activer ces comités, chaque année, quinze jours avant la Tabaski.