Lors d’une rencontre à Pointe-Sarène, les acteurs de la santé au Sénégal et dans la sous-région ont ouvert la 5e édition des Journées du médicament. Organisé par le Spps, l’événement aborde les enjeux de l’industrialisation locale, les défis économiques de l’officine et l’impact de l’Intelligence artificielle.

Par Alioune Badara CISS – Réunis à Pointe-Sarène pour la cinquième édition des Journées du médicament, les acteurs majeurs de la santé au Sénégal et dans la sous-région mènent une réflexion stratégique sur l’avenir de la profession. Organisée par le Syndicat des pharmaciens privés du Sénégal (Spps), la rencontre porte sur le thème «En route vers la souveraineté pharmaceutique : impacts de la corrélation et des mutations digitales sur la profession pharmaceutique».
Ouvrant l’événement au nom du ministre de la Santé et de l’hygiène publique, Dr Ibrahima Sy, la directrice de Cabinet Dr Ndèye Magatte Ndiaye a réaffirmé la priorité accordée par l’Etat à cet enjeu : «La souveraineté pharmaceutique dépasse le cadre d’une simple ambition industrielle. Elle constitue une exigence de santé publique, un pilier de la sécurité sanitaire et un gage de résilience nationale.» Alignée sur l’Agenda national «Sénégal 2050», cette feuille de route s’appuie sur quatre axes pilotés par l’Ugp Pharma : régulation adaptée, R&d, accès au foncier industriel et accès au marché.
Pour le président du Spps, Dr Serigne Ahmadou Bamba Ndour, le pharmacien d’officine reste le maillon central de cette souveraineté. Tout en saluant les investissements des industriels locaux qui nécessitent le soutien de l’Etat, il a alerté sur la précarité économique des pharmacies. L’allongement des délais de paiement liés au tiers payant (assurances, Ipm, mutuelles) et la hausse du marché illicite fragilisent la viabilité des officines. Pour nourrir les échanges, l’Intersyndicale des pharmaciens d’Afrique (Ispharma) et l’Unppci de Côte d’Ivoire apportent leur retour d’expérience.
Le second axe des travaux concerne la transformation digitale et l’intégration de l’Intelligence artificielle (Ia), du suivi de la traçabilité au Dossier patient informatisé (Dpi). Dr Ndèye Magatte Ndiaye a rappelé que le numérique doit rester au service de la sécurité des soins. Sur ce point, le président du Spps a précisé : «L’Intelligence artificielle est un outil qui doit nous accompagner, pas un outil de décision. La décision revient au pharmacien, de manière humaine.»
Les travaux scientifiques se poursuivent jusqu’au dimanche 4 octobre. Le programme s’achèvera par une «Randonnée Rose» à Pointe-Sarène, organisée au profit de la Ligue sénégalaise contre le cancer (Lisca), couplée à des distributions de médicaments et de supports de sensibilisation aux populations.
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