Pr Amsatou Sow Sidibé sur la mendicité au Sénégal : «Nos enfants ne doivent pas mendier»

Il est très rare de parcourir les rues de la capitale sans voir un enfant ou une jeune fille faire la manche. Ils font partie du décor dakarois où ils sont visibles au niveau des grandes artères. «On a l’impression que la mendicité est culturelle», analyse Pr Amsatou Sidibé qui présidait hier la cérémonie d’ouverture de l’Assemblée générale de la Commission panafricaine des leaders pour les droits de l’Homme de la femme et de l’enfant. Pour la présidente de la Commission nationale des droits humains, «nos chers enfants ne doivent pas mendier». D’ailleurs, «au niveau de notre institution nationale des droits de l’Homme, et dans notre document stratégique, nous mettons en valeur la question des droits économiques, sociaux et culturels», a-t-elle dit.
Occupation des rues : L’État déguerpit les mendiants
Pour elle, la mendicité pose des problèmes d’ordres économique et social. Il s’agit de «pauvreté, de manque du minimum, du fait que les enfants ne vont pas à l’école». Pour l’enseignante à la retraite, «la mendicité doit être éradiquée». A son avis, «nos enfants n’ont pas demandé à naître pour être sans la rue et tendre la main». C’est une responsabilité individuelle et collective, ajoute-t-elle. «Ce sont l’Etat, les familles, ce sont toutes ces organisations socioreligieuses qui n’ont pas le droit de laisser les enfants dans la rue et les laisser mendier dans la rue au risque de leur vie, de leur intégrité physique, de leur manque d’éducation», insiste Mme Sidibé. Elle pousse un cri du cœur à l’endroit des autorités pour faire «arrêter ce phénomène qui affecte les droits des enfants et des femmes dans le pays».
Par Justin GOMIS – justin@lequotidien.sn