Le Sénégal s’est toujours distingué comme un îlot démocratique, non seulement en Afrique mais aussi dans le monde. Cette réputation enviable repose sur des piliers essentiels : une stabilité politique relative, des alternances pacifiques, une liberté d’expression garantie, une presse libre et active, un système électoral compétitif et inclusif, ainsi qu’une opposition légitime, respectée et considérée. Ces acquis ne sont pas le fruit du hasard, mais le résultat d’une construction progressive, portée par des générations d’hommes et de femmes engagés pour la démocratie et l’Etat de Droit.

Cependant, les hommes passent, tandis que les institutions demeurent. Il incombe donc à ceux qui gouvernent de consolider ces acquis et d’en faire davantage pour le renforcement de notre démocratie, plutôt que d’installer l’instabilité ou de fragiliser les fondements de notre République. Gou­verner, ce n’est pas simplement exercer le pouvoir, c’est surtout garantir la continuité des valeurs démocratiques et œuvrer pour un Etat juste et inclusif.

Chaque régime inscrit son empreinte dans l’histoire. Mais ce qui importe, c’est la manière dont il y entre. Un pouvoir se juge non seulement à ses réalisations économiques et sociales, mais aussi et surtout à son respect des principes démocratiques, à sa gestion des libertés fondamentales et à sa capacité à garantir l’unité et la cohésion nationales. Etre cité en exemple, être une référence en matière de gouvernance et de démocratie, voilà l’héritage que tout régime devrait ambitionner de laisser au Sénégal.

Préserver notre démocratie est une responsabilité collective. Il appartient aux gouvernants de garantir un cadre politique stable et respectueux des droits fondamentaux, mais aussi aux citoyens de rester vigilants, engagés et exigeants. Car une démocratie ne se décrète pas, elle se vit, se défend et se consolide au quotidien.
Ramatoulaye SECK 
Journaliste communicante