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Fatoumata Gueye, présidente de l’Ajs.

Bien que le Protocole de Maputo soit «l’instrument africain juridique le plus complet par rapport à la promotion des droits de la femme», son effectivité pose problème, selon l’Association des juristes sénégalaises. Elle demande une «allocation de ressources» pour réaliser ce droit.

«Nous voulons l’harmonisation de l’ensemble des législations internes au Protocole de Maputo en plus de l’allocution de ressources aux programmes et politiques et l’éradication des violences faites aux femmes.» Même si la rencontre africaine de 3 jours ouverte hier pour faire le bilan de la mise en œuvre n’a pas livré encore ses conclusions, la présidente de l’Association des juristes sénégalaises (Ajs) est claire : «Le Protocole de Maputo est l’instrument africain juridique le plus complet par rapport à la promotion des droits de la femme. 12 après on est là pour voir l’état de mise en œuvre dans chaque pays africain. C’est un prétexte pour voir les obstacles qui font que les droits proclamés ne puissent être réalisés.» Et selon Fatoumata Guèye, présidente de l’Ajs, le premier obstacle est l’effectivité du protocole. A l’en croire, cette effectivité passe naturellement par l’octroi de moyen pour la plaidoirie. «Nous voulons que certains droits qui se sont traduits par des textes législatifs soient appliqués effectivement au niveau du continent. Les pesanteurs socioculturelles sont considérées comme un obstacle majeur. Aujourd’hui, on ne peut les prendre comme prétexte pour ne pas réaliser le droit des femmes», a-t-elle plaidé hier lors de la cérémonie d’ouverture qui a enregistré la présence des ministres, Zahara Iane Thiam et Sidiki Kaba, et la vice-présidente de l’Assemblée nationale, Awa Guèye. Selon elle, on «est au temps de l’action. L’Afrique a trop rêvé. Il faut s’affranchir des intentions et passer à l’acte», dit- elle en expliquant les avancées que le Sénégal a réalisées dans ce domaine. En effet, la loi sur la parité a permis à la gent féminine de bien figurer à l’Hémicycle car de 24 femmes en 2005 on est passé à 64 en 2012. Pour Awa Guèye, «le recul n’est pas envisageable». Marie Ber­nadette Amy Dione ira même plus loin. Pour la représentante de la ministre de la Femme et de l’enfance, «l’égalité de genre est une réalité palpable au Sénégal». Sur le plan, soutient-elle, «on a rien à envier aux grandes démocraties».
mgaye@lequotidien.sn

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