Recettes – Contribution du secteur extractif à l’économie en 2020 : Thiès garde sa place

La région de Thiès garde jalousement sa première place dans la contribution des entreprises évoluant dans le secteur extractif à l’économie nationale. Elle s’élève, selon le 8ème rapport 2020 de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie), à 66,7 milliards de francs Cfa contre 63 milliards en 2019, soit une hausse de 3 milliards de francs Cfa. Les chiffres ont été dévoilés mercredi par le Secrétaire permanent adjoint de l’Itie, Papa Alioune Badara Paye, au cours d’un Comité régional de développement (Crd) de partage des résultats du rapport Itie. «Les paiements globaux du rapport indiquent un montant de 185 milliards de francs Cfa, dont 167,75 milliards sont allés au budget de l’Etat. La contribution des entreprises qui sont implantées dans la région de Thiès, est de 66,7 milliards de francs Cfa pour l’année 2020. Ce qui montre que Thiès, en termes de contribution et d’opérations minières, continue à tenir cette place de première région minière du Sénégal. C’est une région minière par excellence, parce qu’il y a une variété de substances minérales qui s’y retrouvent», explique M. Paye.
Au-delà de la contribution des entreprises évoluant dans le secteur extractif à l’économie nationale, le Sp adjoint a également partagé avec les membres du Crd, les résultats de «la manne financière réservée aux sous-traitants et fournisseurs de biens et services, qui tournent globalement au niveau national à plus de 1116 milliards». Il a indiqué que dans cette somme, «les entreprises qui sont implantées dans la région de Thiès ont dépensé un montant de 392 milliards. Et sur ces 392 milliards, seuls 92 milliards de francs Cfa ont été captés par les entreprises qui sont détenues majoritairement par des citoyens sénégalais». Cela montre, à ses yeux, qu«’il y a un gap». Lequel gap, poursuit-il, «se fait ressentir quelque part sur ce qu’on a montré comme contribution assez faible du secteur au Pib. Et c’est dû à ce manque d’implication des nationaux dans toute la chaîne de valeur en termes de sous-traitance, de fournitures de biens et services, mais aussi à ce manque de lien inter sectoriel». Et le Secrétaire permanent adjoint de l’Itie de signaler dans ce cadre que «les phosphates sont pour les engrais et donc pour l’agriculture», mais regrette-t-il, «on continue à importer des engrais à hauteur de 195 mille tonnes par année. C’est ce que l’Ansd a révélé en 2020». Pour simplement dire, selon lui, que «les liens intersectoriels doivent être repensés et développés pour être renforcés ; c’est comme cela qu’on arrivera aussi à renforcer la contribution à l’emploi, à renforcer la contribution au niveau du Pib, à créer des richesses. Et c’est ce qui va se ressentir comme bien-être au niveau des populations et comme développement durable». Au-delà, Pape Alioune Badara Paye a insisté sur le renforcement de la fiscalité locale. Il fera noter qu’il «y a beaucoup d’entreprises qui sont exonérées de taxes locales. Et c’est au détriment des collectivités territoriales qui ont reçu beaucoup de pouvoir en termes de transfert de compétences et qui doivent aussi faire face à des besoins au quotidien des populations».
Par Ndèye Fatou NIANG(Correspondante) – nfniang@lequotidien.sn