Au lendemain de la publication du rapport sur les bâtiments menaçant ruine, le ministre de l’Habitat a décidé de renforcer les codes de l’urbanisme et de la construction avec trente innovations majeures comme l’étude du sol, la fouille et le choix d’un bureau de contrôle.Par Alioune Badara NDIAYE

– D’ici peu, les projets immobiliers et la construction de bâtiments vont être soumis à un tamis plus contraignant grâce à de nouvelles innovations qui vont profondément réformer le Code en vigueur depuis 2008. De nouveaux rajouts dans les secteurs concernés vont bientôt passer à l’Assemblée nationale pour sa validation. Les acteurs du secteur se sont retrouvés mardi et ce pour trois jours autour d’un atelier de partage du projet de révision des codes de l’urbanisme et de la construction quelques semaines après l’effondrement d’un bâtiment à Hann Bel-Air et de la publication de l’enquête sur les immeubles qui menacent ruine au Sénégal. «Nous avons identifié que beaucoup de bâtiments tombent parce que les études de sol ne sont pas demandées aujourd’hui dans la réglementation. Nous avons rendu obligatoires ces études de sol dans le nouveau code», a posé le Directeur général de la Construction et de l’habitat, Amadou Thiam, au nombre des innovations. Il a fait savoir que les bureaux d’études à choisir pour dimensionner un bâtiment devront obligatoirement disposer d’un agrément auprès des services compétents. «Nous avons aussi demandé dans le dispositif qu’il y ait une autorisation d’ouverture de fouille», a encore noté M Thiam, listant aussi la soumission à un bureau de contrôle pour les programmes immobiliers comme autre innovation. «On en a plus de 30 innovations majeures avec d’autres mineures, mais voici quatre grandes qui nous permettront de mieux encadrer, de sécuriser les populations et leurs investissements», a-t-il fait savoir, assurant qu’il sera applicable dès sa validation par le Parlement. «Le Code de la construction a pour principal rôle de protéger et d’éviter un certain nombre de catastrophes. C’est pour cela que nous avons identifié des solutions à des problèmes réels que les acteurs du secteur sont aujourd’hui en train de vivre», a-t-il ainsi relevé. «Il s’agissait de repenser le dispositif législatif et réglementaire de l’espace urbain afin de l’adapter aux réalités et besoins actuels et futurs pour une urbanisation maîtrisée durable et une organisation optimale du secteur de la construction dans notre pays», a expliqué le ministre en charge de l’Urbanisme, Abdoulaye Sow, en parlant du Comité technique chargé de la rédaction du projet. «La pierre angulaire tourne essentiellement autour des innovations apportées au Code de l’urbanisme et de la construction. Pour ce qui concerne le Code de l’urbanisme, j’insisterai davantage sur la définition de notions-clés, l’introduction de concepts novateurs ou de durabilité et surtout l’adoption de nouveaux documents de planification plus conformes», a-t-il fait prévaloir. «S’agissant du Code de la construction, il est nécessaire de prendre en charge les impératifs de sécurité de qualité de durabilité des bâtiments, de mieux organiser le secteur et les acteurs en veillant sur la répartition cohérente des rôles et des responsabilités», a poursuivi M. Sow. Il voit en ce projet consensuel, porté par tous les acteurs, un travail en profondeur pour permettre aux pouvoirs publics de disposer de leviers efficaces innovants et opérationnels.
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