Reprise de sa grève : Sonko en faim

Deux mois après sa grève de la faim, Ousmane Sonko annonce avoir décidé de se priver encore d’eau et de nourriture. Cette décision intervient au lendemain de la parution du journal Le Quotidien faisant état du traitement particulier dont il fait l’objet au Pavillon spécial de l’hôpital Principal de Dakar, après 72 jours d’hospitalisation. Ainsi, le chef de l’ex-parti Pastef va de nouveau observer une diète pour marquer sa «solidarité avec ses sœurs «patriotes» injustement arrêtées». Par Malick GAYE –
Ousmane Sonko annonce la reprise de sa grève de la faim. Et cela, au lendemain de la parution du journal Le Quotidien faisant état du traitement particulier dont il fait l’objet au Pavillon spécial de l’hôpital Principal. Le 2 septembre dernier, ses partisans annoncent l’arrêt de sa grève de la faim. Depuis cette date, Ousmane Sonko est au Pavillon spécial de l’hôpital Principal de Dakar. Le contribuable a payé, chaque jour que l’opposant a passé dans cet hôpital, la somme de 150 mille francs Cfa. Sans que cela ne fasse réagir les autorités étatiques. Deux mois après son internement, Sonko annonce reprendre sa grève de la faim !
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En effet, sur son compte X (ancien Twitter), le maire de Ziguinchor a, hier, affirmé : «Nous ne pouvons que recourir aux moyens de résistance que notre situation actuelle permet. C’est pourquoi j’ai décidé de reprendre ma grève de la faim», a-t-il écrit avant de lister les raisons pour lesquelles il annonce reprendre sa grève de la faim. Ainsi, le «Patriote» en chef a décidé de se priver d’eau et de nourriture «pour marquer ma solidarité» avec ses «vaillantes sœurs «patriotes» injustement arrêtées pour avoir exprimé leurs opinions politiques, ensuite écrouées et détenues depuis plusieurs mois au Camp pénal de Liberté 6 et dans d’autres prisons, et aujourd’hui privées, pour certaines, de tout contact avec leurs proches, simplement pour avoir exercé leur droit légitime à recourir à la grève de la faim ; pour protester contre ma détention arbitraire et électoraliste, et celle de centaines de «patriotes», et en exiger la fin».
Ousmane Sonko estime que si ses adversaires «se battent pour les cinq prochains mois», eux se battent «pour les 50 prochaines années». A cet effet, il a invité ses militants et sympathisants à «plus de persévérance et de combativité, de détermination et d’endurance».
Faut-il le rappeler, Ousmane Sonko a été arrêté le vendredi 28 juillet passé pour vol d’un téléphone d’une gendarme. C’est après que le procureur de la République a expliqué que c’était juste un prétexte, mais il est poursuivi pour 9 chefs d’accusation dont l’appel à l’insurrection. Le 31 juillet, Sonko annonce par l’intermédiaire de ses partisans entamer une grève de la faim. Le 6 août, il est admis au Pavillon spécial de l’hôpital Principal de Dakar. Beaucoup de spéculations avaient tourné autour de la santé de M. Sonko.
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A un moment, plusieurs personnalités, aussi bien de la Société civile que de la politique, avaient lancé des alertes sur la détérioration de son organisme, certains allant jusqu’à prédire sa mort à plus ou moins bref délai s’il n’était pas libéré. Même ses deux épouses avaient fait une sortie télévisée devenue mémorable, dans laquelle l’une d’elles comparait l’organisme de son mari à celui de son fils d’une dizaine d’années. Tellement il s’était, disait-elle, dégradé. Aïda Mbodj, alliée de Ousmane Sonko, après avoir été ministre et militante politique de plusieurs régimes, s’était plainte du fait que Ousmane Sonko n’était plus en état de reconnaître qui que ce soit, son organisme étant fortement affaibli par la grève de la faim.
mgaye@lequotidien.sn