Rufisque a atteint hier le seuil des 50 cas de Covid-19 avec pas moins de 8 cas issus de la transmission communautaire. Une situation qui pourrait empirer si les autorités ne changent pas d’approche dans la gestion de la pandémie, croit savoir Ass Mamoune Sèye, technicien en santé communautaire.

Le département de Rufisque est à ce jour à 50 cas de contamination au Covid-19, selon les chiffres du Ministère de la santé et de l’action sociale (Msas). Un regain de cas après près de 3 semaines durant lesquelles le département était au vert avec aucun nouveau cas enregistré. Désormais, c’est 21 pour le district de Rufisque, composé des trois communes de la ville, 16 pour celui de Sangalkam polarisant les communes de l’ancienne communauté rurale de Sangal­kam et 13 pour Diamniadio englobant Yenne, Sébikotane, Bargny, Sendou et Diamniadio. Une situation qui pourrait s’aggraver davantage, à en croire Ass Mamoune Sèye, technicien en santé communautaire. «La prolifération des cas est due au non-respect des mesures et les cas communautaires vont augmenter», a-t-il lancé, pessimiste. Son idée, il la tient au constat du quotidien des populations. «Voyez ce qui se passe au marché, dans les transports et dans la rue ! C’est comme si aucune mesure n’a été prise dans le respect de la distanciation sociale», a décrié M. Sèye, pointant un doigt accusateur sur les autorités administratives. «En période de crise, nous devons avoir des représentants de la loi qui appliquent les décisions avec fermeté et rigueur, accompagnés au besoin des Forces de l’ordre», a-t-il souligné. «A Rufisque, il n‘y a aucune surveillance des frontières de derrière du côté de l’autoroute à péage», a-t-il servi comme exemple. «Quand on est délégataire d’un pouvoir républicain, on doit faire appliquer la loi», a-t-il encore insisté. «La santé est plus importante que toute autre politique», a-t-il dit, regrettant la demi-mesure chez les préfets. Cela dit, Ass Mamoune reste persuadé que l’approche communautaire dans la communication pourra seule faire fléchir le Covid-19. «Les médecins ont en charge le traitement des cas. Ça c’est le niveau clinique. Mais toutes les maladies ont été arrêtées par une approche conséquente engagée», a avisé le technicien en santé communautaire. Cela va permettre à ce que tous soient au même niveau d’information. «C’est comprendre et agir pour un mieux-être», a-t-il expliqué, souhaitant à ce propos «en complément» l’implication des Asc pour faire vivre à la base le respect des directives édictées par les autorités.