A Rufisque, les relations entre la Sococim et les populations ne sont plus au beau fixe à cause des différends fonciers.Par Alioune Badara NDIAYE

– Se battre pour une restitution intégrale des terres de Rufisque et Bargny sur lesquelles la Sococim a frauduleusement fait main basse. C’est le combat dans lequel s’est engagé le Conseil des notables lébous (Cnl) du Cap-Vert. En conférence de presse, ces dignitaires de la collectivité s’en sont pris à la cimenterie, qui détient «au moins 18 titres fonciers dans des conditions de faux, faux en écriture publique, et par des faits d’état de concussion aux yeux de la loi». «Les cas les plus flagrants de l’accaparement sont, entre autres, l’affaire de feu Déthié Ndaw Touny et les Tf 1461/R, Tf 811/R, Tf 1356/R», a insisté Mamadou Diop Thioune, Secrétaire général du Cnl. «Le dernier point, et non le moindre, est que la Sococim était sommée de restituer le Tf 1691 aux fins de recaser les sinistrés de l’érosion côtière. Malheureusement, jusqu’à cet instant, aucune action de recasement n’a été entreprise», a encore noté M. Thioune dans son réquisitoire. Depuis des années en fait, la cimenterie procède à des élargissements de son assiette. Elle a été bénéficiaire de pans importants de terres dans la zone maraîchère de Lendeng, pour les besoins de la culture de jatrophas. Un projet qui fut un véritable feu de paille et ayant permis à la Sococim de revendiquer cet espace où elle s’adonne à d’autres projets, notamment la construction d’une nouvelle unité. Maire de la ville, Daouda Niang avait porté en vain ce combat pour la restitution de ces terres. L’édile soutenait que la cimenterie avait fait un détournement d’objectifs pour s’accaparer ces surfaces. Aujourd’hui, c’est au tour des dignitaires lébous de lui emboiter le pas. Selon ces derniers, les actions de la Sococim à l’endroit des populations rufisquoises et bargnoises sont insignifiantes. «La Sococim n’a jamais été utile aux populations victimes de sa pollution», a regretté M. Thioune, par ailleurs membre du Hcct. «La Sococim n’a jamais participé pour un kilogramme de ciment, en contribution dans les programmes de pavage des ruelles des quartiers, dans aucune initiative citoyenne des populations de Rufisque et Bargny», a-t-il insisté, assurant que le combat, lancé ce jour, va se poursuivre pour contraindre le cimentier de voisin à une posture plus responsable vis-à-vis des populations locales.
abndiaye@lequotidien.sn