Depuis le vote de la loi sur l’interdiction du plastique, 182 opérations ont été menées et 70 tonnes saisies par le ministère de l’Environ­ne­ment et du développement durable dont plus de la moitié dans la région de Dakar.

L’incinération dans les fours de la Sococim mardi des produits saisis a été l’occasion pour le ministère de l’Environ­ne­ment et du développement durable de dresser le bilan d’une année d’activités, suite à l’entrée en vigueur de la loi sur le plastique. «Depuis le 20 avril 2020, cette loi est entrée en vigueur sur toute l’étendue du territoire national et, depuis lors, en rapport avec les autorités administratives, les forces de défense et de sécurité et les services techniques déconcentrés, 182 opérations ont été déroulées sur l’étendue du territoire», a indiqué Amadou Lamine Guissé, secrétaire général du ministère de l’Environnement. «Une quantité de plus de 70 tonnes de plastique prohibé a été saisie dont plus de la moitié dans la région de Dakar», a poursuivi le Sg, ayant représenté le ministre Abdou Karim Sall à la cimenterie de Rufisque. Toutes les 70 tonnes vont être incinérées dans les fours de la Sococim, comme l’a du reste assuré M. Guissé, notant que l’opération du jour concerne les saisies effectuées dans Dakar. «Là, ce ne sont que les saisies faites au niveau de Dakar qui sont en train d’être cuites», a-t-il expliqué, assurant que des dispositions sont en cours pour rassembler les stocks dans les régions en vue de leur acheminement pour incinération. Poursuivant sur le bilan de la traque, M. Guissé a aussi fait état de «plus de 10 contrevenants sanctionnés», tout en affirmant que les saisies opérées ont concerné «presque plus de 80 commerçants ou industriels». «Malgré tous les efforts consentis depuis le 20 mars 2020, il y a des gens qui continuent à commercialiser ce plastique prohibé. Mais nous ne baisserons pas les bras. Nous allons poursuivre les opérations de sensibilisation et de saisie», a relevé M. Guissé, exhortant industriels et populations à se tourner vers des solutions de substitution à la matière prohibée. «Nous lançons un appel à toutes les composantes de la chaîne commerciale, de l’industriel au distributeur, en passant par le commerçant, et à l’utilisateur pour leur dire que des solutions alternatives existent, notamment les sachets en papier kraft et les emballages en carton», a-t-il dit.  A noter toutefois que malgré cette invite, la production locale demeure largement en deçà de la demande. «Les statistiques ont montré qu’au Sénégal, ne serait-ce que pour les sachets sortis de caisse, environ 5 millions de sachets plastiques sont utilisés par jour. Des industriels dans le domaine de la production des sachets en papier comme solution alternative nous ont fait comprendre que leur capacité de production annuelle tourne autour de 15 millions», a mis en exergue M. Guissé pour qui industriels, commerçants et importateurs doivent aller dans la dynamique de la reconversion. «L’Etat est en place pour les accompagner et les soutenir pour qu’au Sénégal, à l’horizon 2024, on ait au moins plus de 60 millions de sachets en papier disponibles sur le marché», a-t-il dégagé en perspective.
Par Alioune Badara NDIAYE (Correspondant) – abndiaye@lequotidien.sn