PARTAGER

C’est avec un ratio de cinq agents pour 4 communes que la brigade du Service d’hygiène de Rufisque effectue ses opérations dans le plus grand département de Dakar. Un faible effectif combiné à l’absence de véhicule de service, qui rend quasiment impossible la réussite de la mission à ce service assigné. D’où l’appel lancé  par les agents de la brigade qui ont procédé hier à l’incinération des 3 tonnes de produits avariés saisis pendant toute l’année.

Ils ont saisi trois tonnes de produits avariés, qui ont fait l’objet d’une cérémonie d’incinération et de portes ouvertes par la brigade du Service d’hygiène de Rufisque. Prétexte choisi pour exprimer les grands problèmes auxquels sont confrontés les agents dans leur mission publique dans le département. «L’effectif est clairement insuffisant parce que la brigade compte quinze agents  pour couvrir tout le département», a fait savoir mercredi lors de la cérémonie le Major Mamadou Thiam Faye, chef de la brigade départementale. «Chaque jour, les agents sont sur le terrain pour aller contrôler ces denrées. Nous avons de sérieux problèmes parce que  Rufisque est le plus grand département de la région de Dakar et nous travaillons avec nos propres moyens c’est-à-dire  à l’aide de taxis que nous louons pour faire nos missions de contrôle», a-t-il poursuivi.  Le ratio de couverture  donne un peu plus d’un élément  (1,25 agent) par commune d’un département qui en compte douze au total. A ce faible effectif vient se joindre l’absence de véhicule de service. «Il n’y a jamais eu de voiture de service depuis que je suis ici», a souligné en ce sens Ousmane Sall en service à la brigade depuis 1987. «La majeure partie des saisies nous le faisons en utilisant des taxis ou nos véhicules personnels», a-t-il poursuivi avec le sentiment que cela déteigne négativement aux yeux des populations. «Saisir un produit  sans le véhicule du service  expose à des incompréhensions. Les populations peuvent penser que nous agissons pour notre propre compte. Ce qui est mieux pour nos opérations c’est d’agir avec une voiture de service avec l’insigne du service d’hygiène bien  visible. C’est cela qui va faciliter notre travail et le placer au-delà de toute suspicion de la part des populations», a préconisé M. Sall. Ce constat fait, la brigade aimerait que l’Etat agisse pour un meilleur accompagnement dans la mission de service public à elle dévolue. «Notre mission première est de sensibiliser et d’éduquer la population, la répression vient  en second point. Nous demandons un appui logistique pour que nous puissions assurer au mieux cette mission», a estimé le chef de la brigade, affirmant qu’une correspondance a été adressée au ministre de la Santé et de l’action sociale pour «disposer au moins d’un véhicule». Correspondance sans suite qui n’empêche pas au service de poursuivre «avec les moyens du bord», sa mission publique dans le plus grand département de Dakar.

abndiaye@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here