Saliou Ngom, Avocat général : «Je regrette l’abolition de la peine de mort»

L’Avocat général Saliou Ngom, horrifié par l’assassinat d’un jeune étudiant, a regretté que la peine de mort soit abolie sinon il l’aurait sans doute requise contre la bande, qui aurait tué de sang-froid Abdou Diagne. A la place «de la pendaison et de l’électrocution», il a requis les travaux forcés à perpétuité.
«Je regrette l’abolition de la peine de mort. Je ne peux pas comprendre que des gens ôtent la vie d’un être humain de la sorte. Il faut les mettre hors de la société car ils ne méritent plus la vie», s’est indigné le procureur Saliou Ngom dans ses réquisitions. Le maitre des poursuites ne s’explique pas l’acte barbare perpétré par les accusés sur l’étudiant Abdou Diagne. Selon lui, les faits sont extrêmement graves et «les accusés méritent la pendaison ou l’électrocution». Suite à ces réquisitions, il a requis la perpétuité contre toutes les personnes appelées à la barre. Les mis en cause comparaissaient hier devant la Chambre criminelle pour association de malfaiteurs, meurtre, vol en réunion commis la nuit avec violences et usage d’armes.
Les faits remontent à la nuit du 25 au 26 octobre 2011. Après un match de Navétanes assisté au stade de Pikine, Ameth Ba, Ameth Ndiaye, Assane Lô et Mohamed Rassoul Ndiaye ont décidé d’agresser toutes les personnes qu’ils croiseraient sur leur chemin. Pour assouvir cette sale besogne, ils ont décidé, après concertation, de se rendre à Sicap Mbao pour chercher Alé Ndiaye, le chef de leur gang à Djidah Thiaroye Kao, commune située dans la banlieue dakaroise.
Sur la route, ils ont rencontré Abdou Diagne, qui revenait d’une séance de révision chez l’un de ses amis. Il détenait par devers lui un cartable. Les accusés l’ont agressé et l’ont dépossédé de son sac, après l’avoir roué de coups poing. Après avoir commis leur forfait, ils se sont rendu compte que la victime les a reconnus car ils habitent ensemble. Ils ont décidé ainsi de le tuer en lui administrant plusieurs coups de couteau au ventre. Quand le taximan qui cherchait des clients a klaxonné, les agresseurs ont pris la fuite. Il a conduit la victime chez elle en la couchant devant la porte de leur domicile. Quand son oncle est sorti il a vu son neveu Abdou Diagne, qui gisait dans une mare de sang. Il n’a même pas eu le temps de le conduire à l’hôpital. Parce qu’il avait déjà rendu l’âme.
L’enquête ouverte, suite à la plainte de l’oncle, a permis l’arrestation de Amath Ba en décembre 2011. Dès son interpellation, il avait reconnu les faits qui lui sont reprochés. Il avait même désigné Alé Ndiaye, le chef du gang, comme l’auteur du meurtre, avant de citer les noms de Ameth Ndiaye, Assane Lô et Mohamed Rassoul Ndiaye comme ses complices. Dans sa narration des faits, il disait que c’est Alé Ndiaye qui a asséné un coup de couteau à la victime au bas ventre, qui lui a occasionné les blessures fatales. Hier devant la barre, il a servi une autre version. Selon ses dires, l’auteur du crime aurait bénéficié d’un non-lieu après quelques jours de détention. Il a même blanchi ses co-accusés en indiquant qu’ils sont étrangers aux faits. Une balle saisie au rebond par ces derniers qui ont tout nié devant la barre. La défense a plaidé l’acquittement car, selon elle, les faits ne sont pas établis à l’encontre des accusés. La décision sera rendue le 17 juin prochain.
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