Le Président Macky Sall a procédé hier à l’ouverture de la 68ème session du Comité régional de l’Oms. Une réunion de 5 jours qui regroupe 600 participants dont 47 ministres en charge de la santé. Cette rencontre annuelle va examiner les défis sanitaires de la région et adopter le budget programme 2019-2023 avec comme objectif «Triple milliard».
Ce sont plus de 600 participants dont 47 ministres en charge de la santé de la région africaine de l’Organisation mondiale de la santé (Oms) qui se sont donné rendez-vous à Dakar. Un moment pour ces participants de s’arrêter sur les défis sanitaires de la région, les occasions et les priorités notamment l’accès aux soins, la Couverture sanitaire universelle, le financement de la santé, la flambée des épidémies comme le choléra, Ebola qui sévissent dans la région, l’accès aux médicaments, les maladies non-transmissibles entre autres. La région Afrique de l’Oms, qui fonde beaucoup d’espoir sur cette rencontre, attend l’adoption de son budget-programme 2019-2013 avec comme objectif le «Triple milliard». C’est-à-dire un milliard de personnes de plus à enrôler dans la Couverture sanitaire universelle, un milliard de personnes de plus ayant accès aux soins sans difficulté financière et un milliard de personnes ayant recouvert une meilleure santé. Un programme ambitieux mais de l’avis du Directeur général de l’Oms, Tedros Adhanom Ghebreyesus, les objectifs sont réalisables car «c’est en ciblant l’impossible, que nous atteindrons nos objectifs», assure-t-il.
Le Directeur général de l’Oms rappelle tout de même aux pays membres que cette tâche n’est pas seulement celle de l’Oms mais aussi la leur, celle des partenaires financiers et de la Société civile. Ce ne sera pas facile puisque dans la région Afrique de l’Oms, estime la Directrice régionale de l’Oms, le Dr Moeti Matshidiso, l’accès aux soins de santé demeure encore une «grande préoccupation». Il s’y ajoute le manque d’infrastructures adaptées dans les structures de soins selon le président Macky Sall. Or, «pour une Afrique sûre, il nous faut une population saine», souligne M. Tedros. Le président de la 67ème session est catégorique : Pour y arriver, la Couverture sanitaire universelle est impérative. «Elle seule peut permettre à cette population de se soigner sans se ruiner», ajoute le Directeur général de l’Oms.
Le taux de couverture des pays de la région en deçà de 70% et loin des 90% indiqués
Mais, là aussi ce n’est pas encore gagné. Car malgré les efforts, des pays membres à offrir des soins universels, les taux de couverture restent en deçà de 70% alors que l’objectif de l’Oms est de 90%, regrette la directrice de l’Oms Afrique. Le Sénégal n’y échappe pas, il a un taux de 47%, selon le Président Macky Sall. Les ambitions de la Csu butent encore sur le financement dans presque tous les pays de la région. Le budget alloué à la santé dans bon nombre de pays est encore en deçà des 15% recommandés. Aussi, relève Dr Moeti Matshidiso, la baisse du cours du pétrole intervenue dernièrement n’a rien arrangé de la situation. Selon elle, 1/3 des pays de la région a connu des grèves dans les secteurs de la santé à cause de cette situation. Mais, estime-t-elle, il faut faire face. Tédros Adhanom Ghebreyesus conseille aux pays membres de «sortir de l’autarcie». Le président de la 67ème session du Comité régional de l’Afrique tente une solution et recommande pour sa part une taxation sur le sucre, les boissons alcoolisées et le tabac pour pouvoir financer les programmes de Couverture sanitaire universelle. D’ailleurs durant les travaux, les experts promettent de revenir sur cette question du financement de la santé qui constitue un point essentiel. Ce dans le but d’apporter des réponses durables selon le ministre Zimbabwéen de la santé.
L’Afrique fait également face aux défis de la flambée de certaines épidémies comme choléra actuellement en Algérie, Ebola en République démocratique du Congo dans le Nord Kivu mais également des épidémies de Dengue, de peste. Des flambées qui doivent attirer l’attention des autorités, selon M. Tedros, mais qui renseignent, selon Macky Sall, sur la fragilité de certains systèmes de santé notamment dans le renforcement de la surveillance épidémiologique, le contrôle et la collaboration entre les Etats. Il estime que pour une bonne réponse, il faut identifier, évaluer et communiquer les informations sur ces maladies à temps réel. Les participants ont ajouté aux défis clés les maladies non transmissibles. Ils estiment qu’il faut impérativement prendre en compte la transition épidémiologique qui est «devenue une réalité». Les maladies non-transmissibles sont devenues des «tueurs» et elles doivent faire l’objet de priorités. Pour Macky Sall, les Mnt sont devenues la première cause de morbidité sur le continent. Il recommande de mettre l’accent sur la prévention. D’ailleurs, renseigne Dr Moeti Matshidiso, au-delà de cette rencontre à Dakar, les Mnt feront l’objet d’une réunion de haut niveau le mois prochain sous l’égide de l’Oms.
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