Secteur énergétique en Afrique : Appo engage des actions pour relever les défis

Par Khady SONKO et Dialigué FAYE –
L’Organisation des producteurs de pétrole africains (Appo) a décidé de se détourner de la théorie pour aller vers la pratique, afin de trouver des solutions aux problèmes auxquels l’Afrique est confrontée. Son Secrétaire général, Dr Omar Farouk Ibrahim, a déclaré hier, à l’ouverture de la deuxième édition de la Conférence-exposition Msgbc oil, gas and power, qu’ils ont engagé des actions pratiques pour prendre en charge les défis immédiats, avec l’espoir qu’Appo pourra engranger des bénéfices au-delà de ses pays membres. En effet, explique-t-il, «nous avons constaté que les institutions financières traditionnelles veulent abandonner le financement des projets fossiles. Nous notons que ces mêmes pays ont mis en place le Fonds climat pour appuyer l’amélioration des activités d’adaptation et le passage de l’énergie fossile à l’énergie propre. Ce fonds peut constituer un piège pour l’Afrique, pour ce que fait Appo.
Ainsi, le 15 mai 2022, Appo a signé un accord avec Afreximbank, à travers lequel African energy bank va financer des activités de l’industrie du gaz et du pétrole. African energy bank va ainsi constituer le pilier de la sécurité africaine en la matière. Elle va assurer la continuité dans les projets, la pérennisation des projets, là où les investisseurs traditionnels ont décidé de reculer. Des négociations sont en cours et nous espérons que nous pourrons les terminer avant la fin de l’année».
Le Conseil ministériel d’Appo a également pensé à mettre en place des institutions de recherche en Afrique. «Appo reconnaît que mettre en place des centres d’innovation de renommée mondiale est coûteux. Il a été décidé qu’au lieu de recommencer, de réinventer la roue, nous allons dans les pays membres d’Appo, voir les centres de développement et de recherche en place, pour y créer d’autres centres d’excellence.
Le secrétariat d’Appo a terminé la première phase d’évaluation à travers les visites de ces institutions de recherche et passera bientôt à la deuxième phase. Lorsque l’évaluation sera terminée, on s’adressera aux responsables des structures afin d’en faire des centres d’excellence. L’accès à ces centres, pour des stages, va être ouvert à l’ensemble des pays africains producteurs de pétrole et de gaz. Ces institutions seront des institutions pratiques et non théoriques…», informe-t-il.
A son avis, l’Afrique est capable de prendre en charge ses préoccupations. «Nous devons apprendre à nous gérer nous-mêmes, de manière indépendante et responsable. Si l’Afrique veut lever des fonds, elle peut le faire. Il suffit de penser à une priorisation de nos dépenses…», plaide Dr Omar Farouk Ibrahim.
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