Le limogeage de Bouna Manel Fall de la direction de la Sodav est selon les Acteurs de l’industrie de la musique (Aim) un « complot » visant à aller à l’encontre de leurs intérêts. Ainsi l’Aim y voit une manœuvre d’un lobby pour installer un des leurs.
« Un complot » ! C’est ainsi que les Acteurs de l’industrie de la musique (Aim) s’explique le limogeage de Bouna Manel Fall de la direction de la Sodav. Dans un communiqué signé par son président Zeynoul Sow, l’Aim se dit «contre le complot qui vient d’accoucher d’un forcing tendant à écarter un DG compétent et indépendant, et qui représente une garantie contre le processus d’accaparement des droits culturels de troisième génération qui n’est possible que si la Sodav est prise en otage». Il dénonce « une tentative de sabotage de la décision du président de la République qui a donné l’agrément à la Sodav en 2016 et a décrété 2017 année culturelle» et mentionne dans son communiqué rendu public que cette décision est de « l’irrespect affiché contre le ministre de la culture qui avertit du projet de révocation et étant en voyage, a clairement demandé à la Pca de surseoir à la mesure en attendant son retour au Sénégal ». Pour l’Aim cette décision s’eplique par «l’absence de niveau de la Pca qui est en dessous de la fonction qu’elle occupe ». Mais « ce n’est pas une raison pour créer artificiellement des situations de conflit safin de masquer des carences et des inaptitudes » lit-on dans le document, qui indique également que « cette incompétence de la Pca est un danger à cause des risques de manipulation par les politiciens de la culture tapis dans l’ombre ». Pour Zeynoul Sow et ses amis, «ce manque de niveau est à l’origine du blocage des répartitions. Malgré le travail du DG et du personnel qui ont collecté suffisamment d’argent en 3 mois pour faire une bonne répartition ». Joint au téléphone pour des précisions de ces allégations, M. Sow renseigne que « La Pca de la Sodav n’est pas au même niveau d’informations que le directeur ». « Elle ne connait pas ses prérogatives » poursuit-il sinterrogeant sur «Comment peut-on reprocher à un Dg, une faute grave quand il a, en 3 mois réussi à collecter 150 millions pour payer les artistes ? » « C’est la pca qui avait bloqué les payements de redevance » accuse M. Sow, d’après qui le conseil d’administration n’a même pas un règlement intérieur. «Avec ce limogeage c’est un éternel recommencement. Et Bouna Manel Fall risque de nous traduire en justice pour ça » clarifie-t-il, soupçonnant que le conseil d’administration veut mettre un homme de main afin d’avoir la main libre pour faire ce qu’il veut. «La Pca a la possibilité de proposer un autre nom mais on ne va pas accepter. C’est un lobby qui est derrière tout ça. Ils veulent prendre la culture en otage. C’est un hold up » prévient Zeynoul Sow. Il critique également « la passation de service entre l’ancien Pca, Abdoul Aziz Dieng et le nouveau Pca qui s’est fait en catimini sans aucun représentant ». L’Aim soupçonne là, « un deal pour masquer l’utilisation du fonds social de l’ex Bsda». Et par conséquent, elle demande l’arbitrage de l’Etat. Les faits Pour sa part, la présidente du conseil d’administration n’a pas souhaité s’exprimer. Joint au téléphone suite aux déclarations de l’Aim, Ngoné Ndour annonce un communiqué qui sera rendu public aujourd’hui. De son côté, Bouna Manel Fall n’a pas répondu à nos multiples appels. Son téléphone sonne dans le vide et malgré les messages laissés, il n’a pas réagi. Pour rappel, vendredi dernier, 21 membres du conseil d’administration de la Sodav ont envoyé une lettre de révocation à effet immédiat et suivie de mesures conservatoires au Directceur de la Sodav. Ils lui reprochent, selon le journal Enquête, d’avoir dépensé 102 millions en 2 mois et démi, sans l’avis du Conseil d’Administration. Le Conseil d’administration de la Société de gestion collective des droits d’auteur et droits voisins avait entériné en Octobre 2014 la nomination du juriste Bouna Manel Fall au poste de directeur général de la Sodav. Le conseil avait alors approuvé «toute la procédure transparente et démocratique, déroulée par la commission chargée du recrutement du directeur général ». On se souvient que Bouna Manel Fall était candidat au même titre que trente-deux autres personnes ayant répondu à un appel à candidatures lancée dans les médias mgaye@lequotidien.sn
Écoutez, Bouna n’est pas diplômé en propriété intellectuelle tel que ce critère a été exigé dans l’appel à candidatures.
C’est suffisant pour démontrer que le ministère de la culture en complicité avec des acteurs culturels, l’a imposé comme directeur gérant.