«Somnolence» du Ps : Boubacar Baldé «Sarkozy» crée son courant

Le bureau politique de ce matin risque d’être houleux. Pour la première réunion de cette instance après le décès de Ousmane Tanor Dieng, des jeunes regroupés au sein de l’Initiative de réflexion et d’actions socialistes (Iras) comptent sortir le parti de Senghor de sa léthargie. Dans cet entretien, Boubacar Baldé «Sarkozy», membre du Bureau politique et coordonnateur de l’Iras, revient sur ce que doivent être les nouvelles orientations du parti de Senghor.Peut-on parler de crise au sein du Ps ?
On préfère plutôt parler de situation léthargique qui se pérennise. C’est donc partant d’un constat général, que des cadres et responsables des instances de direction du Ps ont mis en place ce cadre de réflexion dénommé Initiative de réflexion et d’actions socialistes (Iras).
Que reproche l’Iras à la Secrétaire générale, Aminata Mbengue Ndiaye ?
Mes camarades m’ont désigné coordonnateur de l’Iras, qui est aussi un think tank, pour proposer des pistes de réflexion sur les perspectives d’avenir de notre parti, le Parti socialiste. C’est donc dire que c’est une initiative d’étude et de prospective politique qui se veut un creuset d’effervescence intellectuelle. Il faut dire que notre initiative n’a pas comme cible forcément la Secrétaire générale, Aminata Mbengue Ndiaye. Autant Aminata Mbengue a une part de responsabilité dans cette situation que traverse le parti, autant tout autre responsable national ou à la base en a aussi, nous-mêmes compris. Je veux surtout préciser que nous ne sommes pas dans le débat de personne, nous restons sur les principes. La vocation naturelle du Ps, c’est la conquête, l’exercice et la conservation du pouvoir. Nous nous sommes fixés comme ambition de réincarner cette vocation aux yeux de l’opinion nationale et internationale, tout comme nous devons inciter nos camarades et militants à y croire fortement à nouveau. Mais cela devra passer par un maintien du fonctionnement régulier de nos instances de base comme des instances de direction. En effet, le Bureau politique (Bp) ne s’est pas réuni depuis presque deux années, le Secrétariat exécutif national (Sen) ne se réunit qu’occasionnellement ; alors que les textes disent bien que le Bp doit se réunir tous les mois et le Sen tous, les quinze jours. C’est une situation qui prévaut depuis le rappel à Dieu de notre regretté Sg, Ousmane Tanor Dieng. Cet état de somnolence du Parti doit cesser et notre dynamique s’inscrit dans cette perspective.
Le Bureau politique convoqué samedi risque d’être houleux. Selon vous, le Ps doit se séparer ou pas de Benno Bokk Yaakaar lors des Législatives de juillet 2022 et de la Présidentielle de 2024 ?
Le Bureau politique est enfin convoqué ! Pour autant, je crois que le Ps a une tradition de débats démocratiques et donc il n’y a pas lieu de craindre de perturbations lors de la réunion du Bp. Mais, ce sont des responsables qui auront à discuter avec la fermeté requise des difficultés que traverse notre formation politique. Est-ce que le Ps doit se séparer ou non de Bby ? Ce sera au Congrès ou le Bp dans une moindre mesure, d’y répondre. Par contre, il faut dire que nous n’accepterons pas que la direction du parti nous mette devant le fait accompli. Avant d’aller aux Législatives de 2017, le Sg, Ousmane Tanor Dieng, avait demandé aux 138 coordinations de se prononcer à travers des consultations démocratiques sur l’ensemble du territoire national, afin de se déterminer quant au compagnonnage ou non avec Bby. Ces consultations avaient permis une participation majoritaire des camarades dans tous les départements auprès de Bby, et une victoire au sortir des Législatives de 2017. Nous ne sommes donc pas en train de dire que le Ps doit quitter Bby, cela n’est pas de notre ressort. Mais nous tenons à ce que le parti y mette les formes. Mais pas cette mascarade qui consiste à mettre la charrue avant les bœufs en demandant aux responsables de démarrer le parrainage, à travers une circulaire de la Sg, Aminata Mbengue Ndiaye, sans qu’aucune discussion préalable n’ait eu lieu et même pas une réunion du Bureau politique. Le risque est gros de voir les responsables socialistes aller aux Législatives sur des listes parallèles, sinon les voir boycotter si les investitures ne sont pas discutées au préalable et qu’ils fassent l’objet d’un consensus au sein des instances.
Propos recueillis par Aliou DIALLO