Ils avaient retenu une date pour faire face à la presse, pour dénoncer la spoliation du littoral. Le collectif Aar Sunu Suff-Aar Sunu littoral, qui regroupe une vingtaine d’associations et d’organisations de la Société civile des banlieues de Guédiawaye, Yeumbeul, Malika et Tivaouane-Peulh, ont protesté avec la plus grande détermination contre l’accaparement du foncier et du littoral dans leurs communes respectives.
Michel Mendy, coordonnateur du collectif, n’a pas manqué de déclarer au cours de la manif : «C’est une certaine élite, constituée de magistrats, syndicat des inspecteurs des domaines, maires, conseillers municipaux, politiciens et autres promoteurs, qui est en train de profiter des privilèges que leur offre une position au sein de l’Administration, qui a fait main basse sur le foncier au détriment du reste des populations alors que ces dernières jouissent fondamentalement du droit d’accès aux terres de leur localité.» Et Mendy de renchérir : «La gratuité du foncier pour cette oligarchie constitue une injustice et une violation sérieuse des dispositions légales. Par ce fait, la spéculation foncière prend une ampleur dramatique avec comme conséquences la détérioration de l’environnement et du cadre de vie durable. Le collectif Aar Sunu Suff-Aar Sunu littoral vous informe qu’il usera de toutes les voies légales afin d’obtenir l’annulation de l’attribution de ces hectares de terre et qu’il mènera le combat pour que la démocratisation foncière soit une réalité partout au Sénégal.»
Ainsi les membres du collectif réclament «l’annulation des 4 hectares sur la bande des filaos attribués au magistrat et leur recasement vers un site moins litigieux et qui ne contribuera point à la détérioration de l’environnement ; l’annulation ou la suspension de toute attribution de 20 hectares au syndicat des impôts et domaines».

Il promet une série de manifestations en banlieue
«L’audit du foncier disponible dans les banlieues afin de cartographier et de démocratiser l’accès à tous les citoyens désireux d’acquérir un terrain ; l’interdiction de toute spéculation foncière sur le littoral et dans la zone des Niayes par souci d’équité intergénérationnelle afin que les générations futures puissent disposer d’un environnement sain» figurent aussi dans le tableau des revendications des manifestants.
Par ailleurs, ces derniers se sont posé la question à savoir pourquoi le grand silence des maires de leurs communes respectives. Malgré ce silence, le collectif compte organiser une série de manifestions à travers toute la banlieue. Ainsi, le collectif appelle le Directeur général des Impôts et domaines à prendre toutes les dispositions nécessaires pour arrêter la spoliation foncière par certains «de (ses) agents qui sont payés par nos impôts».