Le Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale (Sutsas) invite le Pm Ousmane Sonko à concrétiser l’organisation de la plénière de restitution en vue de mettre fin à la grève des travailleurs des collectivités territoriales. Le Sustas a fait cette plaidoirie en marge de la conférence de presse de lancement de  la 2ème édition de l’Université d’hivernage (Uh) qui va se tenir du 9 au 12 septembre au Cnfa de Rufisque.Par Amadou MBODJI – 

Un Premier ministre peut en cacher un autre. Après Amadou Ba sous l’ancien régime, remplacé entretemps par Sidiki Kaba, c’est Ousmane Sonko qui est aux manettes aujourd’hui. C’est sous ce rapport que l’actuel Pm est interpellé par le Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale (Sutsas) pour lui demander de concrétiser la promesse de l’ancien Pm Amadou Ba en organisant une plénière de restitution pour mettre fin à la longue grève des travailleurs des collectivités locales réclamant l’augmentation de leurs salaires. «Il y a une continuité dans l’Etat, particulièrement au niveau des institutions. Le Premier ministre Amadou Ba nous devait une plénière de restitution. Même s’il est parti, le Premier ministre actuel doit respecter les engagements en termes de dialogue, avec les partenaires sociaux, les travailleurs. Sous ce rapport, nous attendons qu’il prenne en compte la correspondance qu’on lui a envoyée pour lui demander cette plénière de restitution qui devrait permettre aux différents ministères, les Finances et autres, de régler avec les mairies pour que les ayants droit dans les collectivités territoriales puissent recevoir leur argent et reprendre le travail», admet Ousmane Mbaye, chargé de la formation syndicale et professionnelle au niveau du Sutsas, en présence de Mballo Dia Thiam, qui dirige le syndicat. M. Mbaye  a défendu hier cette position, en marge de la conférence de presse relative à la 2ème édition de l’Uni­versité d’hivernage (Uh) organisée par le Sutsas et qui va se tenir du 9 au 12 septembre à Rufisque. «Les collectivités territoriales sont des démembrements de l’Etat, et c’est l’Etat qui dit clairement que toute augmentation de salaire octroyée aux fonctionnaires, agents de l’Etat, doit aussi concerner les fonctionnaires des collectivités territoriales. Mais ces dernières ne sont pas des entreprises pour pouvoir avoir de l’argent et payer ces augmentations de salaire. Donc, c’est l’Etat qui doit leur fournir le nécessaire pour pouvoir prendre en charge ces augmentations de salaire. Maintenant, l’Etat avait dit aux maires de faire le recensement pour payer les ayants droit. Entretemps, il y a changement de régime, nous interpellons le Premier ministre pour lui dire qu’il y a un devoir de réponse par rapport à cette plénière. Parce que cette plénière devait être l’aboutissement et la fin du conflit au niveau des collectivités territoriales», insiste-t-il. Après avoir invité les nouvelles autorités à leur Université d’hivernage, qui viendront la présider, les responsables du Sutsas disent être «entrés en dialogue» avec ces autorités «autour de la question de la Commission nationale d’affectation, de redéploiement». «Nous avions émis des points de vue en amont de l’ouverture de cette commission. Ces points de vue n’ont pas été pris en compte et la commission n’arrive pas jusqu’à aujourd’hui à fournir ses conclusions. C’est un dialogue, et si on entre en dialogue avec quelqu’un, on ne l’accule pas, on arrive avec des arguments, on essaie de le convaincre pour lui montrer qu’il est dans l’erreur. Je pense que ces institutions-là sont en train de chercher une voie de sortie, mais cette voie de sortie de crise nous implique. Parce qu’ils entrent en dialogue avec nous aussi, ils recueillent nos points de vue et nos désidératas pour essayer de trouver une sortie de crise qui sera favorable aux travailleurs», poursuit M. Mbaye.

Université d’hivernage
Parlant de la 2ème édition de l’Université d’hivernage du Sutsas, c’est le succès de la 1ère édition qui a poussé les responsables de ce syndicat à «institutionnaliser» l’organisation de cette activité sur demande des autorités. «Fidèle à son ancrage dans le syndicalisme de développement, le Sutsas, après s’être illustré de fort belle manière par des batailles victorieuses pour les plans de carrière des travailleurs de la santé et de l’action sociale sans exception, continue de s’investir dans l’amélioration du capital humain. Notre conviction étant depuis longtemps que le système de santé et de l’action sociale de notre pays ne vaudra que ce que vaudront ses ressources humaines. C’est pourquoi, pour la deuxième fois, la formation continue initiée par notre syndicat se donnera sous la forme d’une université syndicale et professionnelle, avec ses panels de haut niveau animés par de grandes sommités dans leur domaine», définit ainsi le Sutsas, l’objectif de cette rencontre.

L’organisation de cette Université d’hivernage vise à renforcer les capacités du personnel de santé. Tenu sous format d’un régime en externat, cette Université d’hivernage de quatre jours va traiter de thèmes aussi variés que riches. La variole du singe sera aussi au menu des discussions, si l’on en croit les responsables du Sutsas. Le thème «syndicalisme autonome et politique» sera traité par le professeur Mbaye Thiam. Alors que «phénomène migratoire et travail décent : opportunités ou alternatives et perspectives» sera passé à la loupe par M. Boubacar Sèye de l’Ong «Horizon sans frontières», tandis que «réforme hospitalière : état des lieux» sera traité par M. Ousmane Dia, entre autres thèmes. Près de 120 participants vont prendre part à cette université organisée par l’Unsas qui se définit comme un syndicat «autonome», un «contre-pouvoir», qui se bat pour aider ses membres à être mieux outillés par rapport à l’évolution de leur milieu professionnel.
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