Les Forces de défense et de sécurité ont dispersé farouchement, à coups de grenades lacrymogènes, le grand rassemblement initié par le mouvement «Aar sunu élection», à la «Promenade des Thiessois» (ex-Place de France), où toutes les dispositions ont été prises, un podium installé.

Les manifestants s’étaient donné rendez-vous après la prière du vendredi, pour dénoncer le report de la Présidentielle et exiger le respect du calendrier électoral.

Des manifestants gazés, certains parmi eux interpellés, des pneus brûlés sur plusieurs endroits stratégiques de la ville, notamment vers le Stade Lat Dior et la Boulangerie industrielle, beaucoup d’axes routiers impraticables, parce que bloqués, voire fermés, comme la «Rue sans-soleil», particulièrement en centre-ville. D’intenses échauffourées entre les policiers et les protestataires.

Soutenus dans ce combat par les élèves, les professeurs ont donné le ton dans la matinée, avec des débrayages dans les écoles, décidant d’abord d’observer un débrayage à partir de 10 heures pour marquer le coup, «en attendant la préparation d’autres plans d’actions», fait remarquer Mamadou Ndiaye du Cusems, du Lycée Malick Sy, qui poursuit : «Nous mènerons cette lutte jusqu’à ce que le Président Macky Sall revienne sur sa décision.» Ce vendredi, dans les rues de Thiès, dès 10h, les élèves, massivement mobilisés, ont largement répondu au mot d’ordre de débrayage du cadre de concertation des syndicats d’enseignants contre le report de la Présidentielle du 25 février 2024.

«Nous disons «NON» à l’agression des fondamentaux de ce qui constitue, aujourd’hui, notre citoyenneté et notre dignité», souligne Pr Mamadou Ndiaye, devant des élèves «plus que jamais déterminés à faire respecter la Constitution» et qui comptent «poursuivre la lutte jusqu’au bout de notre logique». Parmi ces derniers, des candidats au baccalauréat qui craignent que «la mesure du Président Macky Sall ait bel et bien des conséquences sur notre avenir». Ils disent «ne pas vouloir d’une année blanche», mais les syndicats d’enseignants, de leur côté, disent «n’écarter aucun plan d’actions».

Le maire de la commune de Thiès-Est, Me Ousmane Diagne, membre de Yewwi askan wi, insiste sur «le caractère pacifique des manifestations», invitant tous les Thiessois à «remettre ça chaque jour que Dieu fait, à partir de 15 heures», sur la «Promenade des Thiessois» (ex-Place de France).
Par Cheikh CAMARA – Correspondant