Les auditions se poursuivent devant la barre de la Chambre criminelle dans l’affaire des présumés terroristes. Hier, l’un des co-accusés de l’imam Alioune Badara Ndao, en l’occurrence Abdoul Aziz Dia, n’a pas reconnu les crimes pour lesquels il est poursuivi. Mais il a tout de même admis son séjour dans des fiefs de Boko haram au Nigeria.

Abdoul Aziz Dia a séjourné dans des zones occupées par le chef de la secte islamiste nigériane Boko haram. Interrogé hier, à la barre de la Chambre criminelle, il reconnaît avoir été à Sambissa, Goza, Abadan. Devant les enquêteurs, mais aussi le magistrat instructeur, le co-accusé de l’imam Alioune Badara Ndao avait déclaré avoir pris part à cinq attaques orchestrées par les jihadistes. Après chaque combat, ils se partageaient le butin. Dans la ville de Goza où il a été accueilli par Malang Idriss, un chef de guerre, il a eu à faire des entraînements physiques avec d’autres Sénégalais et a été initié au maniement des armes à feu, notamment les kalachnikovs, mais aussi appris les positions de tir. «Je n’ai jamais dit cela. Je n’ai jamais été dans un combat. J’ai juste entendu dire que les combattants de Boko haram se partageaient des chaussures et des vêtements après une attaque», soutient-il.
Lorsque le procureur Aly Ciré Ndiaye lui demande de revenir sur ses déclarations selon lesquelles il avait été influencé en Mauritanie par Moustapha Diop pour rejoindre les hommes de l’Etat islamique, Abdoul Aziz Dia les a tout bonnement contestées. Il reconnaît que c’est le sieur Diop qui lui avait remis 200 mille francs pour le voyage, de Kaolack au Nigeria, en passant par le Niger. «Shekau avait offert beaucoup d’argent à des combattants sénégalais pour venir commettre des attaques au Sénégal. Et lorsque vous avez l’autorisation de Shekau de quitter ses rangs, c’est parce que vous êtes porteur d’une mission», révélait le présumé terroriste devant les enquêteurs. Et hier, il a parlé de mauvaise interprétation de ses propos. «Je n’ai jamais été dans les rangs de Boko haram», a clamé l’accusé tout au long de son interrogatoire.
Par rapport à son surnom Abu Zuber, il a soutenu avoir porté ce nom en 2011-2012 lorsqu’il était encore étudiant au Département de géographie de l’Ucad. Sur ces supposées relations avec certains de ses présumés complices, comme imam Ndao, Makhtar Diokhané et Mohamed Ndiaye, Abdoul Aziz Dia avoue ne pas les connaître.

Les requêtes de la défense rejetées
Me Moussa Sarr, un des conseils des accusés, a réitéré la requête de la défense sur la comparution du commissaire divisionnaire Abdou­laye Diop et du chef d’escadron Issa Diack de la Section de recherches de la gendarmerie. Ils ont plaidé la convocation du chef d’état-major général des Armées, Cheikh Guèye, pour avoir, disent-ils, parlé d’une affaire qui était en instruction lors du forum sur la paix et la sécurité en Afrique. Le Parquet s’est opposé à ces demandes qui ont été rejetées par le juge Samba Kane.
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