Traîné en justice par Coris Bank pour escroquerie : Le Dg de l’école Machallah prend 3 mois avec sursis

Makhtar Sèye a comparu devant le Tribunal pour escroquerie portant sur un montant de 30 millions, faux et usage de faux dans un document administratif. Il a été attrait par l’institution bancaire Coris Bank. Reconnu coupable d’escroquerie, il a été condamné à 3 mois assortis de sursis. En sus de la peine, M. Sèye devra payer 10 millions de francs en guise de dommages à la partie civile.Par Justin GOMIS –
Les crédits se paient. Mais, le Directeur général de l’école Machallah ne semble pas le savoir. Après avoir bénéficié d’un premier financement de la banque Coris Bank, pour un marché attribué par la Lonase, il a sollicité un autre prêt de 72 millions de francs. Ainsi, la banque, qui a fini d’avoir confiance en Makhtar Sèye, lui a accordé une avance de 35 millions de francs. Mais en procédant à la vérification de la garantie, l’institution bancaire s’est rendu compte que les documents déposés par le directeur de la célèbre école de Dakar étaient des faux. Pire, elle a aussi constaté que la Lonase n’était pas au courant du contrat dans lequel figure son nom. Sans fioriture, la banque a tout de suite dénoncé le contrat en faisant une reprise totale de ses engagements. Le prévenu, conscient de la fausseté de l’acte d’attribution, a fait une demande dans le but de rompre le contrat en versant la somme de 20 millions à la banque en guise d’avance du montant qu’il a reçu. Malgré ses efforts, la banque a saisi dame justice.
Face au juge devant qui il répondait des chefs d’escroquerie, de faux et usage de faux dans un document administratif, Makhtar Sèye n’a pas reconnu les faits. D’après lui, la Lonase avait l’habitude de lui attribuer des marchés. Et c’est en raison de cette confiance qui le liait à cette institution qu’il a bénéficié d’un double financement. D’ailleurs, révèle le prévenu, le second prêt lui a été accordé par un ami intime du Directeur général de Coris Bank. Mais quand ce dernier a su qu’il y avait un problème, il a tout simplement choisi de dénoncer la nature du contrat.
Cet argument n’a pas laissé de marbre le Parquet qui lui a demandé depuis quand l’ami du Directeur général d’une banque prête de l’argent. En réponse, M. Sèye s’est désolé de son manque de vigilance dans cette affaire. «Je ne savais pas que les documents étaient du faux. Lorsque je l’ai su, j’ai interpellé mon avocat. Celui-ci m’a conseillé d’aller directement porter plainte et d’écrire une lettre de dénonciation à la banque», déclare le mis en cause.
Selon le conseil de la Ccoris bank, les faits ne souffrent d’aucune contestation. «Il a fallu que la banque s’en rende compte pour qu’il se rattrape à l’égard de la banque. Mais, il faudra savoir que l’infraction a été déjà consommée», dit la robe noire en réclamant 30 millions de francs en guise de réparation du préjudice.
Tel n’est pas l’avis du Parquet, qui a requis la relaxe. D’après lui, les faits ne sont pas constants. Saisissant la balle au rebond, l’avocat de la défense, Me Ndéné Ndiaye, a abondé dans le même sens en indiquant qu’il n’y a aucune infraction dans cette histoire. «C’est une dette civile qui a mal tourné», soutient Me Ndiaye.
Relaxé pour le délit de faux et usage de faux, le Directeur général de Machallah a été reconnu coupable pour escroquerie. Ainsi, il a été condamné à 3 mois de prison avec sursis et à payer 10 millions de francs de dommages à la partie plaignante.
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