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L’Afrique doit relever beaucoup de défis pour construire  un système éducatif de qualité. C’est le constat de l’ancien ministre de l’Education de base, Mamadou Ndoye, qui préconise l’intégration des langues africaines dans l’école afin de la rendre plus performante.

En cette matinée du mercredi, le brouillard enveloppe le Centre de conférence Abdou Diouf de Diamniadio (Cicad), qui abrite la Triennale 2017 de l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (Adea). Dans la salle clairsemée, composée d’acteurs et d’autorités du monde de l’éducation du continent, le coordonnateur de la Triennale a rappelé la profondeur du fossé qui sépare l‘école de l’excellence. En figure de style, Mamadou Ndoye, ancien ministre de l’Education de base au Sénégal résume le système éducatif africain à une bataille entre l’ancien et le nouveau monde. «Il y a un monde finissant qui refuse de finir avec  ses monstres : le terrorisme, le repli sur soi, le populisme… Tous ces monstres que nous voyons aujourd’hui nous viennent du monde qui refuse de finir. Pour bâtir ce nouveau monde dont nous avons besoin, les volontés politiques africaine et internationale ont clairement défini ce que doit être ce nouveau monde. Un monde sans injustice, sans violence où tout le monde est égal…», déclare le secrétaire général de la Ligue démocratique.
En effet, l’Agenda 2063, adopté par l’Union africaine, s’est assigné comme objectif d’avoir un taux d’accès de 100% au cycle primaire et secondaire. Mais, cette ambition contraste avec la réalité. Aujourd’hui le continent affiche un taux de 55% d’enseignement primaire. Si on prend d’autres indicateurs, on flirte avec le néant. Lorsqu’on prend la génération des 15-24 ans, il y a un taux de 0,6% d’accès à la formation professionnelle, d’après Mamadou Ndoye. «Nous avons un long chemin à faire. L’Afrique part de trop loin par rapport aux cibles fixées», se désole également l’ex-secrétaire exécutif de l’Adea. Quoi qu’il en soit, le principal objectif de cette triennale qui se tient depuis mardi, est de booster l’éducation en Afrique comme l’indique d’ailleurs le thème : «Revitaliser l’éducation dans la perspective du programme universel 2030 et de l’agenda 2063 pour l’Afrique.»

Intégration des langues africaines
D’après M. Ndoye, il faut changer de paradigme. «Nous avons besoin d’une nouvelle culture de tous les acteurs parce que notre culture actuelle n’est pas celle de la qualité pour tous, ni celle de la réussite pour tous», prône-t-il regrettant que «la  jeunesse africaine se jette à l’océan  et ne croit plus aux politiques africaines». A ses yeux, ces changements doivent s’appuyer sur les réalités africaines comme les langues nationales. Un regard en direction des ministres Mary Teuw Niane, Serigne Mbaye Thiam et Mamadou Talla, il indique que les réformes «ne doivent pas s’opérer à partir d’une autorité ou d’une impulsion au sommet» mais avec «une participation de la base».

Floraison des écoles et universités privées : Le Président Sall dubitatif sur la qualité des diplômes

Les écoles et universités privées de formation délivrent-elles des diplômes reconnus ? En tout cas Macky Sall a attiré l’attention sur leur qualité. «Nous insistons sur la qualité de l’éducation particulièrement avec les écoles privées et les universités privées. Le Sénégal a institué l’Autorité de l’assurance qualité pour s’assurer que les diplômes délivrés sont de vrais diplômes qui correspondent à des contenus pédagogiques précis sinon nous formerons des Mba, des Masters qui ne correspondront pas à grand-chose. Les Etats doivent veiller sur la qualité des diplômes nationaux qui sont délivrés», dit-il.

bgdiop@lequotidien.sn