C’était la grande attraction de la 3ème édition des Grandes conférences du «Quotidien» : Nj Ayuk, spécialisé en énergie et entrepreneur, donne des pistes pour éviter la malédiction du pétrole au Sénégal. Dans cet entretien express, il insiste sur la nécessité du dialogue concernant la question du pétrole.

Qu’est-ce que le Sénégal doit faire pour améliorer son contenu local dans le secteur des hydrocarbures ?
Il y a beaucoup de choses qu’on doit faire pour améliorer le contenu local. Le gouvernement sénégalais l’a commencé en réunissant toutes les couches de la société, afin d’obtenir les différentes opinions. Après avoir recueilli ces avis divers, il faut élaborer une loi et la proposer aux Sénégalais. Le Sénégal doit prendre une vision en relation avec ses réalités. Ce n’est pas quelque chose qu’on va leur amener depuis l’étranger. Il faut aussi suivre ce que les gens font dans d’autres pays.

Qu’est-ce que vous proposez aux Sénégalais pour l’amélioration de ce contenu local ?
Il faut d’abord avoir un projet qui va créer de l’emploi pour les Sénégalais. Il faut de bonnes universités, parce que sans l’université, on ne peut pas créer des emplois. Je me réjouis de voir que les Sénégalais sont très intéressés par le secteur du pétrole. Je propose aussi que les Sénégalais soient formés, les jeunes en particulier, dans les métiers du pétrole. La Société civile sera importante dans ce processus. Elle sera là pour poser des questions et demander des réponses. Le gouvernement ne doit pas oublier la Société civile sur cette question relative à l’exploitation du pétrole. Pour le secteur privé, je pense que les hommes d’affaires sénégalais sont très intelligents. Ils s’en sortaient avant l’arrivée du pétrole. Donc, je ne vois pas pourquoi ils ne s’en sortiraient pas avec le pétrole. Ils doivent avoir de nouvelles formations qui collent avec le pétrole. Si le Sénégal veut éviter la malédiction du pétrole, le dialogue doit être en continu. L’unité des Sénégalais est très importante.

Est-ce que vous avez de l’espoir vu la manière dont fonctionnent les choses dans la gestion du pétrole ?
Il faut beaucoup investir dans les autres métiers. Si le Sénégal base son développement uniquement sur le pétrole sans investir dans les autres secteurs comme dans l’agriculture ou les infrastructures, ça ne marchera pas.