La 6ème Conférence mondiale sur la pharmacologie des produits naturels et de la médecine traditionnelle se tient à Dakar, au Sénégal, et réunit des experts de plus de 40 pays pour discuter de la complémentarité entre la médecine moderne et la médecine traditionnelle. Pr Bamba Kane, président du comité d’organisation, souligne l’importance de maîtriser le dosage des plantes médicinales pour éviter les risques de toxicité, et appelle à développer des médicaments traditionnels améliorés. 

Par Amadou MBODJI – La 6ème Conférence mondiale sur la pharmacologie des produits naturels et de la médecine traditionnelle se tient depuis trois jours à Dakar, plus précisément à la Faculté de médecine et de pharmacie de l’université Cheikh Anta Diop. Etalée sur 72h, cette rencontre internationale porte sur la médecine traditionnelle. «C’est la sixième édition, mais ce congrès ne s’est jamais déroulé sur le sol africain. C’est un congrès qui s’est toujours déroulé entre l’Europe, l’Asie et l’Australie. Donc c’est la première fois que ce congrès est organisé sur le sol africain, et cela constitue un motif de fierté pour le Sénégal qui était en compétition avec beaucoup d’autres pays comme le Kenya, le Ghana», soutient Pr Bamba Kane, président du Comité d’organisation du Congrès de l’Union internationale de pharmacologie clinique. Les participants tenteront de rapprocher la médecine moderne et la médecine traditionnelle, qui sont complémentaires. «Pendant ces trois jours, nous allons discuter des voies et moyens qui permettent de faire en sorte que la médecine traditionnelle et la médecine moderne ne soient plus en dualité. Je pense qu’il y a une complémentarité à exploiter pour le bien-être des populations. C’est l’objectif principal de ce congrès», affirme-t-il.
Il rappelle que la médecine traditionnelle est de plus en plus utilisée par les populations. «Vous savez, de plus en plus dans les pays développés, les gens ont tendance à revenir vers la médecine traditionnelle, la médecine des plantes. De plus en plus, des populations délaissent les médicaments synthétisés chimiquement pour retourner vers des médicaments qui sont un peu plus bio. Certains produits naturels peuvent guérir certaines maladies. Cela implique des défis qu’il faut relever.» Il ajoute : «La médecine traditionnelle, ce n’est pas forcément que la médecine des plantes. L’acupuncture, par exemple, est une forme de médecine traditionnelle. Mais la médecine traditionnelle est composée essentiellement de la médecine des plantes.» Par conséquent, il en appelle à la maîtrise du dosage. «Et à ce titre, il y a des défis à relever, parce que régulièrement, dans les médias, nous entendons des tradipraticiens donner des conseils par rapport à l’utilisation de certaines plantes, mais avec des doses relativement approximatives. Or, c’est la dose qui fait le poison», surligne-t-il.  Par ailleurs, Pr Bamba Kane met en avant les efforts de la Faculté de médecine de l’université de Dakar pour étudier les propriétés thérapeutiques des plantes médicinales sénégalaises. Il cite notamment le «bissap et le soump», qui ont des propriétés antihypertenseurs et préventives contre la drépanocytose. Il souligne également l’importance de la souveraineté pharmaceutique et les efforts du gouvernement sénégalais pour développer des médicaments traditionnels améliorés.
ambodji@lequotidien.sn