Valorisation du wolof au détriment des autres langues : «Kawtal Pelle Fulbe» réclame plus de considération

L’association «Kawtal Pelle Fulbe», un collectif d’associations de Fulbés, se fait l’avocat de la langue pulaar, reléguée, selon elle, au second plan, à l’image d’autres langues, au profit de la langue wolof. Une plaidoirie faite samedi dernier par son président, Boubou Senghote, lors d’un point de presse.Par Amadou MBODJI –
L’association «Kawtal Pelle Fulbe», qui réunit des associations de Fulbés, est pour la valorisation des langues nationales, mais constate qu’il n’y a que le wolof qui est mis en avant, au détriment des autres langues comme le pulaar. «Dénoncer un tel parti pris pour le wolof ne relève pas, de la part de Kawtal Pelle, d’une volonté de récuser cette langue. Ce que Kawtal rejette, c’est plutôt le fait que la valorisation du wolof se fasse au détriment des autres langues nationales sénégalaises qui devraient toutes être traitées sur un même pied», tient à préciser Boubou Senghote, président de Kawtal Pelle Fulbe. Il affirme que les «dispositions constitutionnelles et réglementaires sont violées par les gouvernements qui ont eu à diriger le Sénégal», selon lui, en «imposant le wolof comme seule langue de travail» et en lui «octroyant vingt-deux émissions dans tous les domaines sur la Rts» contre «une seule émission pour donner quelques informations à chacune des autres langues nationales, du lundi au vendredi». «L’égalité dans le traitement des langues nationales du Sénégal dans tous les secteurs où leur usage est requis, est garantie par l’observance des dispositions pertinentes de l’article premier, alinéa 2 de la Constitution du 22 janvier 2001 de la République du Sénégal concernant l’équité des langues codifiées, au prorata du nombre de locuteurs natifs de chacune des dites langues», souligne M. Senghote, qui réclame également la traduction des discours officiels dans toutes les langues nationales, du moins dans les six principales d’entre elles à avoir été codifiées et reconnues comme telles. Considérant le pulaar comme une langue «comptant le plus grand nombre de locuteurs natifs», l’association Kawtal Pelle Fulbe veut «l’inclusion au moins du pulaar comme langue de communication dans les systèmes de transport du pays comme Air Sénégal, le Ter, le Brt, ainsi qu’au niveau de l’aéroport international Blaise Diagne et dans tous les programmes à venir».
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