L’Ong Tostan poursuit sa bataille pour conquérir les terroirs qui pratiquent encore l’excision très néfaste pour la santé des filles et des femmes. Dans ce cadre, 30 villages de la zone de Linkéring, au centre-est du département de Vélingara, ont fait la déclaration, dimanche passé, au cours d’une cérémonie tenue dans ce village éponyme pour annoncer qu’ils renoncent désormais à appliquer cette pratique ancestrale. Melle Haouly So, élève au lycée du village, a eu l’honneur de lire la déclaration. Dans un français châtié, elle a déclamé : «Nous, populations de 30 villages de la zone de Linkéring, arrondissement de Bonconto, département de Vélingara, prenons l’engagement solennel, en toute connaissance de cause, d’abandonner définitivement les pratiques de l’excision, des mariages des enfants et des mariages forcés des filles au sein de nos communautés.» Elle poursuit : «Nous exprimons notre profonde gratitude et toute notre reconnaissance à Tostan et tous ses partenaires que sont Planet Wheeler, Unicef, Orchid Project et Unfpa.»
Auparavant, ces filles encadrées par Tostan ont fait le procès de l’excision à travers un sketch qui a bien donné une leçon de vie sur cette pratique en provoquant un rire fou dans cette foule grosse d’environ 1 millier de participants. Elles ont enseigné que l’excision pouvait provoquer des maux tels que les fistules obstétricales, la stérilité, la frigidité, des hémorragies mortelles, le tétanos et on en oublie.
Au cours de cette cérémonie présidée par le sous-préfet de Bonconto, Abdoulaye Daouda Sall, une notabilité religieuse de la ville de Kolda, Abdoulaye Ba, a également enseigné que l’excision est une pratique anti-islamique qui n’a nulle part été encouragée par la religion musulmane.
Linkéring se trouve à près de 20 km de la cité religieuse de Médina Gounass. Cette zone a ainsi accueilli la 6ème déclaration du genre dans le département, après la toute première qui a eu lieu en 2004 dans le village de Médina Samba Kandé, non loin de Diaobé.
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