Poursuivi pour viol, pédophilie et détournement de mineure, Babacar N. Ngom risque 3 ans ferme. Il sera situé sur son sort le 9 juillet prochain.
Une peine de 3 ans ferme pèse sur les épaules de Babacar N. Ngom. Né en 1995, il est accusé de viol sur la mineure M. Mbaye, d’acte de pédophilie et détournement de mineure. Des faits qu’il a contestés devant la barre du Tribunal des flagrants délits. «Je la considère comme ma sœur. Je ne l’ai jamais amenée nulle part. A part les salutations, on a aucun rapport», a-t-il soutenu. Pourtant à l’enquête préliminaire, il avait soutenu qu’il avait échangé des «baisers» avec la mineure. Mais devant la barre, il a tenté de faire croire qu’on l’accuse à tort. «C’est sa sœur aînée qui m’accuse parce qu’elle ne me porte pas dans son cœur», essaie de faire croire Babacar Ngom. Selon lui, la jeune fille peut aller à la boutique sans emprunter le chemin qui mène au Multiservices dont il est le gestionnaire. Mais si l’on en croit la victime, c’est quand elle se rendait à la boutique que le prévenu l’a interpellée. «Il m’a menacée avec un tournevis. Il m’a amenée dans un endroit qui ressemble à un garage. Il m’a bousculée sur la table, a soulevé ma jupe. Il m’a violée. Il m’a tirée par la main. Il me l’a fait à 4 reprises. La première fois, c’était le 15 février dans leur garage. La dernière fois remonte au mois de mai. Nous habitons dans le même quartier. Je l’ai connu le 8 février 2019», a expliqué la victime. Selon sa mère Fatou Diongue, c’est sa fille Adama Diouf qui l’a appelée pour lui dire que sa fille a été violée par Babacar Ngom et Daouda Ndiaye.
Selon l’avocat de la partie civile, Me Malick Mbengue, sa cliente n’a pas dénoncé son violeur parce qu’elle avait peur d’être tuée. «Ce dernier, dit-il, l’avait menacée. Et dans le souci de préserver sa vie, elle n’a rien dit. Le prévenu, quant à lui, a adopté comme moyen de défense, le système de dénégation.» Le conseil de la présumée victime pense que Babacar avait une emprise réelle sur la fille. De même que son ami Daouda Ndiaye «qui a eu le toupet de venir la violer chez elle-même». Il a réclamé 3 millions de francs en guise de dommages et intérêts.
De l’avis du procureur, c’est une affaire complexe. «Le prévenu a nié les faits constamment alors que la partie civile n’a jamais varié dans ses déclarations. Il ne fait pas chaud à Dakar au mois de février. De ce fait, les rues sont désertes. La partie civile est faible d’esprit. Elle a été facilement manipulée par le prévenu. Le certificat médical prouve qu’elle a fait l’objet d’abus sexuels», a dit le ministère public qui a requis 3 ans ferme.
La défense estime que le Parquet ne devait pas requérir à charge. Il aurait dû exiger la relaxe de son client, car il y a trop de mensonges dans ce dossier. «La partie civile a menti de façon flagrante», dit-il en plaidant la relaxe au bénéfice du doute. Le délibéré est fixé au 9 juillet.
justin@lequotidien.sn