Me Moussa Bocar Thiam attend du nouveau Directeur général de Sn La Poste, Mohamadou Diaité, une amélioration de la gouvernance du groupe postal. Car pour le ministre de la Communication, des télécommunications et de l’économie numérique, c’est une faillite managériale qui a conduit la société dans le gouffre dans lequel elle se trouve. Il était en visite hier au siège de la société nationale.Par Malick GAYE –

Le ministre de la Communication, des télécommunications et de l’économie numérique impute la crise dans laquelle la Sn La Poste est plongée à une «faillite managériale». Ainsi, considère Me Moussa Bocar Thiam, «le groupe La Poste a l’obligation de changer ou mourir. Il faut améliorer la gouvernance. Nous avons confiance au Directeur général». Le ministre de la Communication, des télécommunications et de l’économie numérique effectuait hier une visite au siège de Sn La Poste.

Et sur les efforts à faire pour extirper la société du gouffre dans lequel elle se trouve, Me Thiam s’est adressé directement aux agents. «Nous devons être clairs, il n’y a pas de solution miracle. Nous aurons à dérouler une batterie de mesures. Cela passe par le personnel. Nous savons qui travaille et qui ne le fait pas. Il faut une réévaluation du personnel. Des gens n’ont pas leur place à La Poste. On n’est pas au licenciement tous azimuts. On parle de redéploiement dans d’autres services. Aucune mesure en défaveur du personnel ne se fera sans votre consentement. Tout se fera d’une manière collégiale.»

S’adressant au Directeur général, il lui a demandé de «travailler sur la disponibilité des états financiers». «Nous ne pouvons pas travailler sur des chiffres de 2019. C’est une urgence, tout comme la clôture du processus de restructuration de La Poste. Qui est attendue en début 2023», lui a-t-il signifié.

L’Etat éponge sa dette
Et ce dernier semble comprendre la mission qui lui est confiée. «J’ai initié le Plan stratégique d’expansion (Pse) qui est en cours d’élaboration et la transformation de Poste finance en banque. Le Pse de La Poste va se faire sur 5 points. Il s’agit de la diversification des offres de services et produits, la transformation digitale, la maîtrise des coûts et le développement des compétences, la réforme de la gouvernance institutionnelle et administrative», a expliqué le Directeur général de La Poste. Mohamadou Diaité a précisé que la réussite de ce Pse dépend fondamentalement, de la qualité des ressources humaines, de l’infrastructure et des services ou produits offerts. «Elle nécessite également du professionnalisme, de la transparence, de l’esprit d’équipe, de l’ouverture, entre autres», a déclaré le Directeur général du groupe La Poste. Qui a indiqué que la «survie et l’expansion de La Poste ne se feront que dans la concertation, non dans la confrontation.» Le Directeur général de la société postale a profité de la visite de son ministre de tutelle pour formuler cette demande : «La rémunération du service public est passée du simple au double. Elle est de 6,7 milliards de francs Cfa. Cependant, je sollicite qu’elle soit portée à 12 milliards de francs Cfa en conformité avec l’évaluation des experts.»

A ce propos, annonce Me Moussa Bocar Thiam, la contribution du service public va doubler en 2023.

Le ministre informe aussi que la dette de l’Etat au groupe La Poste a été épongée. Il s’agit de 42 milliards de francs Cfa destinés au paiement des Bourses de sécurité sociale. La dette a été payée en 2 tranches. Un montant de 30 milliards de francs Cfa en 2021 et 12 milliards en juillet 2022. Ce qui va faciliter la dynamique de transformation structurelle enclenchée par le groupe.
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