Wari – Pour réclamer leur dû : Les prestataires traînent Kabirou Mbodj en justice

Le patron de Wari devra répondre devant la justice pour le différend qui l’oppose aux prestataires. Ces derniers ont déposé hier une plainte auprès de Serigne Bassirou Guèye, le procureur de la République. Ils reprochent à M. Mbodji d’avoir bloqué leur argent dans la plateforme. Ils comptent aussi saisir d’autres entités dont l’ambassade de France.Par Justin GOMIS –
Le Collectif des prestataires de Wari a attrait hier le patron de Wari devant la justice. Il a déposé une plainte sur le bureau du procureur de la République. Il reproche à Kabirou Mbodji d’avoir bloqué leur argent estimé à plus de 2 milliards de francs dans la plateforme. «Nous sommes venus aujourd’hui pour déposer une plainte auprès du procureur de la République», a informé le représentant du collectif, El Hadji Diallo, lors d’un point de presse tenu au Palais de Justice de Dakar. En fait, cette plainte entre dans le cadre de la 2e phase de leur plateforme de revendication après une première au cours de laquelle, les prestataires disent avoir cherché à rencontrer la direction de Wari sans succès. «Nous l’avions fait sans succès parce que la direction de Wari ne veut pas nous recevoir», a dit El Hadji Diallo. D’après lui, «la direction l’a fait en violation des systèmes de vente qu’elle avait même établis». Pourtant, fait-il remarquer, «l’article 20 préconise un espace de communication entre les prestataires de Wari et la direction».
En tout cas, les prestataires n’ignorent pas que Wari éprouve des difficultés. Mais cela ne les regarde pas, a indiqué M. Diallo. «Nous ne sommes ni actionnaires ni travailleurs de Wari. Il n’y a aucun lien de subordination entre nous et Wari. En tant que prestataires, nous utilisons nos propres moyens financiers et matériels pour travailler à travers la plateforme de Wari. Et Wari prélève des commissions qu’elle retenait à la source. Tout ce qui restait au niveau de nos comptes nous appartient. Aujourd’hui, nous avons des difficultés pour récupérer cet argent. Wari a aussi violé les articles 16 et 20 qui stipulent que le solde de tout compte de prestataire devait être récupérable à tout moment. Ce qui n’est pas le cas», a-t-il déploré.
Et face au mutisme de cette structure financière, les prestataires réclament leur dû et des dommages et intérêts. Mais ils ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. Ils ont ainsi décidé dans leur plan d’actions, de saisir aussi la Bceao, le ministère chargé des Finances et l’Uemoa.
Dans la même veine, les prestataires comptent saisir l’ambassade de France parce qu’il leur avait été indiqué qu’en cas de différend, ce sont les tribunaux français qui sont compétents en la matière. «Nous avons vu que Wari a effectivement un agrément délivré par la Banque de France. Cet agrément est délivré par l’autorité de contrôle de la régulation de la Banque de France. Wari est aussi immatriculée au Togo, mais pas au Sénégal. Nous venons de l’apprendre. Maintenant, allons saisir l’ambassade de France pour porter cette affaire devant les tribunaux français», a ajouté le représentant du collectif, El Hadji Diallo. Avant d’estimer le nombre de prestataires à plus de 2800 au Sénégal et plus de 18 000 à travers le continent à voir leur argent bloqué par cette plateforme.
justin@lequotidien.sn