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La plénière de la levée de l’immunité parlementaire se tiendra dans les prochains jours. La Commission ad hoc en a décidé ainsi, en l’absence de Ousmane Sonko et de son défenseur Aïda Mbodj. Mais la présence du président du groupe de l’opposition, Serigne Cheikh Bara Dolly, fait débat puisque certains de ses collègues attendaient sa démission comme l’ont fait Guirassy, membre du groupe, et Bamba Dièye.

Par Hamath KANE

Sans grosse surprise, Ousmane Sonko n’a pas déféré hier à la convocation de la Commission ad hoc chargée de lever son immunité parlementaire. Les démissions de Moustapha Guirassy, vice-président de ladite commission, et de Cheikh Bamba Dièye, représentant des non-inscrits, présageaient de son absence. Dimanche, les deux avaient démissionné pour ne pas participer à cette «mise à mort politique» d’un adversaire, comme ils l’ont dit dans leur lettre. Il est vrai que si le concerné ne souhaite pas être auditionné par a Commission ad hoc, il peut être défendu par un député qu’il choisira comme défenseur. Mais Aïda Mbodj, qui n’a pas raté la majorité à l’émission «Grand jury» de la Rfm, était aussi absente. Ce qui n’a pas empêché à la machine Benno bokk yaakaar de dérouler son agenda. Il appartient donc à la plénière de procéder au dernier acte de cette procédure de levée de l’immunité parlementaire du député accusé de viols et de menaces de mort par une masseuse. Et ce sera fait dans les prochains jours. Le leader de Pastef a donc appliqué la jurisprudence Khalifa Sall qui n’avait pas déféré à sa convocation ni désigné un défenseur le 22 novembre 2017. Et à l’époque, Me Khoureyssi Ba qui faisait partie des conseils de l’ancien maire de Dakar, comme aujourd’hui pour Ousmane Sonko, avait qualifié la convocation de son client, alors en prison, d’«irrégulière, nulle et non avenue».

Les contradictions du groupe de l’opposition
Cette levée de l’immunité parlementaire a provoqué des divergences profondes au sein du groupe parlementaire Liberté et démocratie. Mousta­pha Guirassy, qui a rejoint ce groupe lors de l’ouverture de la session ordinaire de l’année 2020/2021, a démissionné de la Commission ad hoc alors que le président, Serigne Cheikh Bara Dolly, a choisi de poursuivre la procédure, même si le mot d’ordre de son parti et leader Abdoulaye Wade est de ne pas voter la levée de l’immunité parlementaire de Sonko. «La commission s’est réunie et a pris la décision d’envoyer le dossier de Ousmane Sonko en plénière pour la levée de son immunité parlementaire. Mais notre position demeure la même. Nous sommes contre la levée de cette immunité parlementaire. Notre combat, c’est de continuer à défendre Ousmane Sonko, victime d’un complot politique», a déclaré au sortir des travaux de la commission le président du groupe de l’opposition sur emedia.sn. En réponse à la demande de son frère, Cheikh Abdou Bara Dolly, le Libéral dit avoir été mandaté par son groupe. «Je ne vais pas démissionner. Nous restons dans la commission et nous allons continuer à défendre Sonko. On ne fera pas la politique de la chaise vide», a-t-il ajouté. Ces divergences sont si profondes que l’autre Bara Dolly, membre de Bokk gis gis, les a étalées hier sur Rfm. «Deux députés ont démissionné et il reste Serigne Cheikh dont Sonko ne veut pas de la commission. Donc il doit démissionner parce que participer à cette Commission ad hoc c’est faciliter la condamnation de Sonko. Je lui demande de faire comme Guirassy et Bamba Dièye. Il a dit qu’il a l’aval de Abdoulaye Wade et Pape Diop. Or d’autres comme Guirassy, Decroix ou Mamadou Lamine Diallo ne sont pas d’accord. S’il démissionne, ce sera un autre motif pour attaquer les décisions de la Commission ad hoc devant les juridictions compétentes», a-t-il expliqué.

De la loi sur l’état d’urgence à la levée de l’immunité de Sonko : La guerre des «frères Bara Dolly»
Depuis quelque temps, les «frères Bara Dolly» n’émettent plus sur la même ligne. Il y a un mois, le responsable de Bokk gis gis s’en est pris à son frère, président du groupe Liberté et démocratie, qui a fait obstruction à son recours contre la loi relative à l’état d’urgence, l’état de siège et aux catastrophes naturelles et sanitaires. Et il était allé plus loin en accusant Abdoulaye Wade de bloquer son initiative. «Je mène ce combat avec détermination, mais il ne peut aboutir sans le soutien de mes collègues du groupe Liberté et démocratie. Cela fait 15 jours que le président du groupe, mon frère Serigne Cheikh, m’avait demandé d’attendre qu’il en parle au Président Abdoulaye Wade. Au moment où je vous parle, il n’a pas pu voir le Président Wade qui doit donner son feu vert. Il ne me reste que les élus du Pds pour compléter la liste. Malheureusement, tous m’ont rétorqué qu’ils ne peuvent apposer leurs signatures sans l’aval du Président Abdoulaye Wade. Voilà ce qui bloque notre recours devant le Conseil constitutionnel», a-t-il déclaré sur Rfm. Sur cette question, même son leader Pape Diop l’avait désavoué. Leurs relations ne seraient plus ce qu’elles étaient.

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