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Pour corriger certaines incohérences qui freinent les efforts de résilience dans la zone sahélienne, Proli-GeaFasa, un projet de gestion de l’eau agricole, en cours d’exécution au Sénégal depuis janvier 2020, est porté par la Plateforme internationale pour la promotion de l’innovation paysanne dans la gestion de l’eau agricole et des ressources naturelles (Prolinova). Selon le coordinateur sous-régional pour l’Afrique occidentale et centrale de ladite plateforme, Abdel Kari Ali Mahamane, le Sahel est l’une des régions les plus vulnérables du monde face au changement et à la variabilité climatique, dans un contexte de prédominance de son économie par une agriculture dépendante à 97% de la pluviométrie. Par conséquent, l’insécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi que l’instabilité des revenus constituent d’importants freins au développement économique et social. Ils se traduisent par un taux de pauvreté élevé, particulièrement en milieu rural et par l’accentuation de l’émigration et de l’exode rural, compromettant la stabilité et la sécurité de la région. Ce qui constitue à ses yeux «un frein au développement économique et social dans les pays du Sahel. Un espace qui dispose cependant d’avantages comparatifs à valoriser». Pour changer la donne, Abdel Kari Ali Mahamane, qui faisait face à la presse hier, à l’initiative d’«AgriBio services», une organisation non gouvernementale de développement dans la région de Thiès, dans le cadre d’une journée de sensibilisation et d’informations sur le projet, estime que «l’espace sahélien dispose d’avantages comparatifs à valoriser, notamment un fort ensoleillement, de grands fleuves, une ressource en eau abondante en saison des pluies, qu’il convient de mobiliser et gérer, une demande urbaine en forte croissance et un secteur agricole qui se structure progressivement».
Il s’agit en effet de promouvoir une nouvelle approche dans la recherche d’un développement participatif dans le secteur de l’agriculture. Laquelle approche s’appuie sur les innovations locales et paysannes. «Nous faisons toujours l’effort de partir du savoir paysan et de revenir vers lui pour mieux faire face aux défis auxquels il est confronté. Nous proposons une entrée par les solutions et non une entrée par les problèmes, parce que nous sommes convaincus que le paysan a toujours su développer des pratiques empiriques pour l’essentiel pour pouvoir faire face à ces défis», explique-t-il. Pour dire, «nous partons de ces solutions empiriques qui sont développées par les paysans et essayons de les formaliser et de codifier ces connaissances afin qu’elles soient ‘’réplicables’’ dans des contextes similaires». En ce sens, 41 innovations locales dans la gestion de l’eau en agriculture, développées par des paysans sénégalais particulièrement dans les localités de Podor et Dagana, ont été identifiées. Parmi ces innovations, 21 sont aujourd’hui caractérisées et codifiées, estime la coordonnatrice du projet Proli-GeaFasa, Oumy Ndiaye, chargée de programme à l’Ong AgriBio.

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