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Mamadou Thior, président Cored.

Le site d’informations en ligne «Xibaaru» et le quotidien «L’Exclusif» ont respectivement reçu du Tribunal des pairs du Cored un blâme et un avertissement. C’est dans l’affaire qui les opposait aux responsables de la Sodav, Ngoné Ndour et Aly Bathily.

Le Tribunal des pairs du Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie (Cored) sert un blâme au site d’informations en ligne Xibaaru, épinglé deux fois par l’ancien Tribunal. Cette sanction fait suite à une plainte de la présidente du Conseil d’administration de la Société sénégalaise du droit d’auteur et droits voisins (Sodav), Ngoné Ndour et du directeur-gérant de ladite structure, Aly Bathily. Ces derniers, dans leur déposition, ont expliqué qu’ils ont été «diffamés» et cela a «gravement porté atteinte à leur réputation» dans les parutions des 9, 10, 11 et 12 janvier 2021. «Xibaaru a fait un traitement déséquilibré de cette affaire et que le principe de la contradiction n’a pas été respecté. Le (la) journaliste qui a traité l’information s’est contenté(e) d’une seule source (anonyme)», considère le Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie dans les médias, dans son avis de ce jeudi.
Le Tribunal des pairs constate que les confrères n’ont pas donné la parole aux plaignants. D’ailleurs, disent les «juges», dans sa réponse au Cored, la rédaction de Xibaaru déclare qu’elle «n’a pas diffamé et elle estime même devoir réclamer des réponses à la Sodav sur le pourquoi d’un don à un conseiller du Président…». Le président Mamadou Thior et son équipe sont d’avis que «c’est précisément la faute qui a été commise, à savoir ne pas contacter la structure incriminée, au nom du droit du public à une information juste et équilibrée». Et ils ajoutent qu’en mentionnant un musicien «non Sénégalais» à la tête de l’Association des métiers de la musique au Sénégal (Ams), Xibaaru fait une remarque «discriminatoire et stigmatisante».
Après le site Xibaaru, le Tribunal des pairs a sorti un avertissement au quotidien L’Exclusif. Il a aussi demandé au journal de veiller à l’équilibre de l’information chaque fois qu’une personne (physique ou morale) est mise en cause et à se doter d’un ours, conformément au Code de la presse. Il est reproché à L’Exclusif les mêmes fautes professionnelles commises par Xibaaru.
Dans sa livraison du vendredi 15 janvier 2021, avec un appel à la Une, le journal avait écrit : «Népotisme ou gabegie à la Sodav-un musicien empoche 100 millions par bimestre.» En publiant ce papier, le journal n’a pas contacté la structure incriminée, remarque le Cored. «…autant nous n’avons pas trouvé nécessaire de les joindre pour recueillir leur version même si, à titre facultatif, nous pouvions le faire», a exprimé l’éditeur au Tribunal des pairs en parlant de la Sodav et des personnes indirectement incriminées. Mais pour le Tribunal des pairs, l’éthique et la déontologie de la profession de journalisme n’en font pas une démarche facultative, mais une exigence. «Par ailleurs, l’usage de sources anonymes pour s’attaquer à des personnes physiques ou morales est proscrit. En son article 17, le Code de la presse stipule : ‘’Le journaliste et le technicien des médias doivent s’interdire les accusations anonymes ou gratuites’’», rappellent les membres du Cored.

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