Bérangère Abba, ministre française de l’Ecologie : «Il nous faut décloisonner nos politiques publiques»

A Dakar dans le cadre du 9ème Forum mondial de l’eau, Bérangère Abba, ministre française de l’Ecologie et secrétaire d’Etat à la Biodiversité, a animé un point de presse. Rencontre lors de laquelle elle donne une idée sur les orientations à prendre dans les politiques publiques sur l’eau.Par Alioune Badara NDIAYE( Correspondant)
– Trouver les équilibres entre les enjeux de développement et ceux d’ordre environnemental dans les politiques de préservation des ressources en eau : c’est ce que préconise Bérangère Abba, ministre française de l’Ecologie et secrétaire d’Etat chargée de la Biodiversité. «Il nous faut une vigilance constante à respecter ces équilibres et à cheminer entre ces enjeux de développement économique, ces enjeux sociaux, d’égalité et ces enjeux environnementaux», a indiqué hier Mme Abba s’exprimant lors d’un point de presse à Diamniadio, dans le cadre du 9ème Forum mondial de l’eau. «Nous devons trouver cette cohérence entre des dispositifs internationaux et les visions partagées et tout ce qu’il y a de plus opérationnel, avec des moyens évidemment», a-t-elle relevé encore. «Il nous faut décloisonner nos politiques publiques en la matière, pour toujours trouver une cohérence et non pas favoriser d’un côté des leviers purement économiques», a-t-elle poursuivi, assurant que ceci pourrait être une menace en termes de préservation de la ressource en eau au regard du déploiement de certaines activités. «Voilà en substance pour le contexte de ce Forum mondial de l’eau en cours et comme une première marche vers la conférence onusienne dédiée, en 2023, à l’eau», a-t-elle noté à propos de la participation de son pays à la rencontre. Elle s’est par ailleurs réjouie du projet Kms3 qui, selon elle, «associe le génie écologique à des réponses de proximité». Elle a évoqué la probabilité d’un Kms4, toujours avec le soutien de l’Afd. «Dans la coopération française, nous avons des moyens conséquents qui sont déployés et les bons projets trouvent les ressources nécessaires. On l’a vu avec Kms2, 3 et on parle même aujourd’hui de Kms4 et je crois qu’aujourd’hui, tout le monde est suffisamment conscient de cette urgence à mettre en place les infrastructures nécessaires», a-t-elle estimé.
Mme Abba est revenue sur la proposition faite lundi par Loïc Fauchon, président du Conseil mondial de l’eau, sur l’annulation de la dette de l’eau pour les pays et collectivités, et les plus pauvres. «Il y a plusieurs types de dettes effectivement caractérisées. La dette liée à l’eau, c’est déjà un concept sur lequel il faudra qu’il nous explique et ensuite effectivement, il faut que nous réfléchissons à pouvoir accélérer, démultiplier des investissements qui sont très importants», a-t-elle tempéré, assurant que l’essentiel est de se mettre dans une dynamique de résolution de la question. «Ce sont des besoins, c’est la montée en puissance des besoins en la matière ; alors effacer les dettes ou trouver des systèmes d’ingénierie financière qui préservent cette dynamique et qui valorisent aussi ces investissements dans des enjeux qui sont de l’ordre du bien commun, sont importants», a-t-elle dégagé en alternative.
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