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Les ponts de Diouloulou et Baïla, qui sont en état de délabrement avancé, préoccupent les chauffeurs et élus du département de Bignona qui demandent la reprise des travaux pour éviter au département de fâcheuses surprises.

La construction des ponts de Baïla et de Diouloulou : C’est une vieille revendication des populations casamançaises, mais également une promesse ferme des hautes autorités étatiques qui tarde encore et toujours à se matérialiser. Cette situation inquiète les transporteurs de la région, regroupés au sein du Syndicat national de transport de proximité (Sntp), qui dénoncent la dégradation continue de ces ouvrages secoués par la valse incessante de camions gros porteurs en provenance de la Gambie et en partance pour Ziguinchor et la Guinée Bissau.
Aujourd’hui, leur patience commence à s’effriter, surtout que l’attente a été longue. C’est le 31 décembre 2015 que le Président Macky Sall avait, dans son adresse à la Nation, annoncé la construction des ponts de Baïla et Diouloulou, situés au niveau de la Rn5 sur l’axe Banjul-Bignona. Et lors du Conseil des ministres du 6 janvier dernier, le chef de l’Etat a d’ailleurs signalé l’urgence d’accélérer les processus de reconstruction des ces deux ouvrages de même que les ponts de Tobor, Emile Badiane et de Katakalousse, situés dans la région de Ziguinchor. Seulement, il faut reconnaître qu’entre-temps un bureau d’études déployé sur les sites a pu faire le travail sur le terrain. Des ouvrages à fort impact économique qui constituent la priorité des priorités pour les populations de l’arrondissement de Kataba I, du département de Bignona voire de toute la région sud. Mais en outre, une exigence pour les chauffeurs et transporteurs de la Casamance qui empruntent quotidiennement l’axe Ziguinchor-Banjul en enjambant ces ponts.
Mais leur état inquiète les populations, élus territoriaux, usagers, chauffeurs et transporteurs. Il ne passe une occasion sans que ces derniers n’interpellent les autorités compétentes, les décideurs politiques de l’imminent danger que représentent ces ouvrages. «Quicon­que au contact de ces ponts se rend bien compte que ces ouvrages ne doivent plus être opérationnels et peuvent céder à tout moment au passage de camions», s’indigne Karamba Goudiaby. Le président de la gare routière de Bignona et par ailleurs secrétaire général du Syndicat national des transports de proximité (Sntp), face à la montée des périls et redoutant une catastrophe, a battu ce samedi le rappel des troupes à Diouloulou, puis à Selety pour alerter à nouveau les autorités sur le danger qui «guette la Casamance et porter, en tant que patriote, le combat au niveau local». Des syndicalistes qui entendent en plus s’opposer physiquement dès ce week-end contre tout camionneur en provenance de la Gambie, qui compte emprunter les ponts de Diouloulou et de Baïla et qui fera fi des normes requises en termes de tonnage. «Dieu merci, l’Etat a promis de réaliser ces ouvrages, mais cela tarde à se matérialiser. Et ça nous inquiète beaucoup. Mais le plus grave phénomène qui reste et que nous allons prendre en charge, c’est le transport des camions poids lourds au niveau de cet axe qui dégrade d’une manière accélérée ces ponts», avertit Karamba Goudiaby. Le secrétaire général du Snpt dit avoir pris à cet effet toutes les dispositions, avec la saisine des autorités sénégalaises et gambiennes par rapport au combat que son syndicat compte mener contre ces gros porteurs. «Ces camions de 80 à plus de 100 tonnes en partance pour Ziguinchor et Bissau, qui traversent les deux ponts et qui, arrivés aux abords de Bignona, stationnent jusqu’à minuit, une heure et deux heures du matin avant de filer vers Ziguinchor et Bissau tard la nuit», explique-t-il. Et pourquoi de telles manœuvres ? «C’est pour éviter de passer au niveau des services de pesage, du pont bascule, fermés à pareille heure et de payer les taxes qui siéent par rapport au non-respect des normes de tonnage», soutient M. Goudiaby.

Grogne des transporteurs
Le président de la gare routière de Bignona, qui dit détenir «toutes les preuves de ses allégations, à savoir le numéro des gros porteurs incriminés, leurs heures de traversée», a décidé de mettre en place un comité de veille et de surveillance pour une durée indéterminée au niveau du poste frontalier de Selety. «Et j’en assumerai toutes les conséquences, et que les autorités sachent qu’en cas de débordements, je suis le seul responsable. Celui qui doit éventuellement faire la prison au nom de tous par rapport à notre ferme opposition liée à ces enjeux sécuritaires et économiques. C’est notre combat», a-t-il averti.
En écho, pour Assane Mbaye, transporteur et opérateur économique établi à Ziguinchor, le combat engagé par Karamba Goudiaby et son syndicat doit être porté par tous les Séné­galais, car «il y va de la sécurité des chauffeurs, des transporteurs, mais également de toutes les populations. Ce combat nous incombe nous d’abord, car le niveau de dégradation des ponts inquiète plus d’un et cela est révoltant», dit-il. Il en appelle au sens de la responsabilité des routiers en termes de tonnage, qui est plafonné à 25 tonnes pour la traversée. «Il faut également une rapide réalisation de ces ponts pour éviter une catastrophe au Sénégal», persiste Assane Mbaye.

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