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Le Sénégal qualifié en demi-finale de la Can face à l’Algérie ! Il n’en fallait pas plus pour que nous soyons un peuple, que nous ayons un but et que nous ayons une foi.
Un peuple : de mémoire de Sénégalaise, je ne nous avais jamais vus aussi unis, aussi uns. Un Sénégalais sur trois arborait, qui un Tee shirt à l’effigie des Lions, qui un bracelet vert, jaune, rouge, qui des boucles d’oreille vert, jaune, rouge. Qui n’a pas agité des fanions vert jaune rouge, donné des coups de vuvuzela ? Ceci tous âges, tous sexes, toutes catégories socioprofessionnelles confondus.
Rarement nous avons été aussi unanimes.
Tous tendus vers un même but : ramener la coupe au Sénégal.
Animés d’une même foi : nos lions de la Téranga sont les meilleurs.
Nous avons fait montre d’une capacité de mobilisation et d’un engagement rares.
Tous impliqués, tous concernés.
Nous avons troqué notre nature velléitaire, notre tendance à la paresse contre une détermination peu commune, tout à fait inhabituelle.
Nous nous sommes tous mis debout comme un seul homme et avons désiré la coupe.
A l’arrivée, l’Algérie a gagné, nous laissant tous pantois. Réveil brutal, avec la gueule de bois.
L’ardeur, la pugnacité, l’espoir ont cédé la place au découragement et aux lamentations.
Et si c’était le lieu de méditer sur notre mentalité, sur notre rapport aux défis, sur notre volontarisme.
Ne gagnerions-nous pas à adopter pour nos batailles de tous les jours, cette mentalité, ces dispositions d’esprit dont nous avons été capables spon­tanément ? Nous mettre au travail avec l’envie de produire des résultats, faire ce que nous faisons en le faisant avec passion, avec l’envie de déplacer des montagnes ? Epouser toutes les causes nobles avec le même patriotisme ?
Cette force gagnerait à être au service de la Nation. Ceux qui nous gouvernent ont besoin de se sentir galvanisés par cette énergie dynamisante et source de puissance. Nous mêmes avons besoin de nous lever tous les matins, le cœur rempli d’enthousiasme, rempli d’envie de réussir, rempli de fierté, plein d’estime de nous mêmes.
Car c’est de cela qu’il s’agit : avoir le culte de la performance. A défaut du «mens sana in corpore sano» (un esprit sain dans un corps sain) de Juvénal (90 -127 après Jésus Christ) lors de l’époque romaine, ayons au moins le mens sana.
Cette finale aura contribué à la reconnaissance de l’influence du Sénégal dans le monde, promu la fierté patriotique, contribué à faire briller la Nation. C’est la fonction du sport en général que d’être le point de convergence en dehors des idéologies politiques.
Toutes les grandes Nations accordent la part belle au sport. Cela n’est il pas le cas des Etats Unis d’Amérique, première na­tion en termes de résultats sportifs ?
Nous ne devrions pas nous contenter d’avoir du «pain et des jeux». Il faudrait se soucier d’enjeux plus exigeants, moins court-termistes, concernant le devenir de la vie individuelle ou collective.
Le peuple sénégalais vient d’administrer à la face du monde la preuve qu’il en est capable.
En définitive, même si les choses ne sont pas, on est heureux d’avoir voulu si fort, si ardemment, qu’elles soient. Heureux d’avoir rêvé.
Cette Coupe, nous l’avons voulue, nous ne l’avons pas eue. Les Lions ont voulu intensément, passionnément. Krépin, Sadio, Idrissa Gana, les autres et Aliou, premier Lion, merci… Nous avons des étincelles plein les yeux…
Ce qui restera, c’est que nous avons été capables de vouloir, fort et ensemble.

Yacine BA SALL
Directrice Générale
Institut BDA
yacine.ba.sall@institutbda.com

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