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Le groupe scolaire Yavuz Selim devient une école sénégalo-française. Des citoyens français ont racheté l’intégralité des 64% de parts des Turcs. Une transaction faite devant le notaire sous le contrôle des Impôts et qui met les écoles du groupe et le patrimoine à l’abri d’une spoliation. Face à la presse, l’administration de l’école s’est indignée des «gesticulations» et de la campagne de «désinformation» menée par la Fondation Maarif.

L’actionnariat de Yavuz Selim a évolué. Le capital du groupe scolaire a été ouvert à des nationaux français. Maintenant, le groupe scolaire Yavuz Selim devient une école sénégalo-française. Une révélation faite hier par le président du Conseil d’administration du groupe. «Les 64% des parts détenues par les Turcs ont été cédés à des nationaux français qui ont épousé la cause des Turcs, victimes d’une injustice», a indiqué Madiambal Diagne, face à la presse. Désormais, les drapeaux de la France et du Sénégal vont flotter au-dessus des écoles du groupe. Tout de même, précise le Pca, rien n’a changé dans la gestion puisque, révèle M. Diagne, les Français ont décidé de confier la gérance de ces écoles à ceux qui ont l’habitude de le faire et qui ont jusqu’ici produit des résultats satisfaisants. Une claque pour Maarif qui avait annoncé le début des inscriptions pour ce 4 septembre, mais jusque-là, la fondation turque ne les a toujours pas commencées dans les écoles Yavuz Selim.
La direction qui s’est entourée de toutes les garanties s’est attaché les services d’un notaire pour effectuer la transaction qui a été faite sous le contrôle des Impôts et domaines en toute «transparence». «Nous l’avons fait en connaissance de cause et en toute responsabilité en payant le prix qu’il faut, les taxes et droits y afférents. C’est une histoire de business, il faut s’entourer de toutes les garanties», jure le Pca du groupe scolaire Yavuz Selim.

«Personnes ne pourra nous prendre les écoles»
Revenant sur les circonstances de la transaction, M. Diagne a affirmé que les citoyens français ont en amont discuté avec le bureau économique de l’ambassadeur de la France au Sénégal qui a cautionné la transaction. «Maintenant, ce n’est plus une histoire de Erdogan avec de petits citoyens turcs, mais ce sera une affaire de dimension internationale», prévient-il. L’administration très futée a donc pris des dispositions nécessaires du point de vue de la légalité, du droit et des principes pour mettre les écoles Yavuz Selim à l’abri d’une quelconque menace. «Le patrimoine de l’école est sauvé. Personne ne peut nous prendre les écoles et spolier le patrimoine», tonne M. Diagne
Revenant sur le décret pris récemment pour autoriser à la Fondation Maarif de s’installer au Sénégal, le Pca précise : «Il n’a jamais été question dans ce décret de supplémenter Yavuz Selim ou de transférer le groupe encore moins de céder les locaux des écoles Yavuz Selim à la Fondation Maarif. C’est une manipulation honteuse», estime-t-il. Pour lui, le décret autorise à Maarif de s’installer au Sénégal. M. Diagne s’est également indigné des effets d’annonce de la Fondation Maarif qui, à plusieurs reprises, a annoncé qu’elle va prendre les rênes de l’école. «D’abord, c’était après les fêtes de Noël, tout au début de l’année scolaire passée. Après, c’était au retour des fêtes de Pâques. Aujourd’hui, elle nous annonce des inscriptions pour le 4 septembre et jusque-là rien ne s’est produit. Peut-on faire confiance à des gens qui font dans la mauvaise foi et le mensonge ?», se demande-t-il outré.
Le président de l’Association des parents d’élèves a pour sa part renouvelé sa confiance à la direction de l’école et au corps enseignant. Il s’est félicité des résultats satisfaisants obtenus au Bfem et au Baccalauréat. Pour Bassirou Kébé, Maarif n’a qu’à ouvrir ses propres écoles et laisser le groupe Yavuz Selim continuer son modèle éducatif, car «les parents d’élèves ne veulent pas d’une école qui a un projet politique, mais un projet pédagogique comme ce qui se fait à Yavuz Selim», déclare-t-il. Quant à Mamadou Ndoye, directeur des Etudes du collège Bosphore, il s’est employé à rappeler les bons résultats obtenus au Concours général (11 citations cette année), des résultats sur l’international, notamment aux Olympiades organisées aux Etats-Unis. Il a aussi rappelé «un taux d’inscription et de réinscription satisfaisant. Un taux d’inscription supérieur à celui de l’année dernière à pareille époque», se réjouit le directeur des Etudes. Tout ça pour dire que l’école a toujours la confiance des parents d’élèves malgré les soubresauts.
ndieng@lequotidien.sn

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