Selon Amnesty international, les victimes des violences postélectorales en Côte d’Ivoire en 2011 ne seront pas contentes de la confirmation par la Cpi de l’acquittement de l’ex-Président Laurent Gbagbo et de son ancien ministre Charles Blé Goudé.
La confirmation par la Cour pénale internationale (Cpi), ce mercredi 31 mars, de l’acquittement de l’ex-Président ivoirien Laurent Gbagbo et de son ancien ministre de la Jeunesse, Charles Blé Goudé, ex-chef du mouvement des Jeunes patriotes n’emportera pas l’approbation des victimes. Et Amnesty international le fait savoir à travers un communiqué. Pour l’Ong de défense des droits humains, la confirmation par la Cpi de l’acquittement de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé «est une nouvelle déception pour les victimes des violences postélectorales». «Les victimes des violences postélectorales de 2010-2011 en Côte d’Ivoire seront une nouvelle fois déçues aujourd’hui, la Cpi ayant confirmé l’acquittement de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé. Ce qui signifie que le Tribunal n’a tenu personne responsable pour les crimes atroces commis pendant cette période», a déclaré Michèle Eken, chercheuse sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty international, réagissant à la suite de la décision de la Cour pénale internationale (Cpi) rendue ce mercredi. C’est l’avis de Marie-Evelyne Petrus Barry, directrice pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale à Amnesty international, qui avait déclaré aussi le 15 janvier 2019 : «L’acquittement de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sera ressenti comme une vive déception par les victimes des violences post-électorales.» Malheureusement, que ce soit à l’échelle nationale ou internationale, «les victimes des violences de 2010-2011 n’ont toujours pas obtenu justice, pas plus que des réparations pour les préjudices subis», a fait remarquer Michèle Eken.
Dans le même registre, il rappelle que le «6 août 2018, le Président Alassane Ouattara avait amnistié 800 personnes accusées ou déclarées coupables liées à ce crime ou d’autres atteintes à l’autorité de l’Etat». Et M. Eken d’informer que cette décision de la Cpi «empêche les tribunaux nationaux d’engager des poursuites pour les crimes de droit international ou d’autres graves atteintes aux droits humains perpétrés en 2010-2011 et bafoue les obligations de la Côte d’Ivoire au regard du droit international».
Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé avaient à répondre de quatre chefs d’inculpation de crimes contre l’humanité : «meurtres, viols, persécutions et tentatives de meurtre et autres actes inhumains». Ces crimes auraient été commis dans le cadre des violences post-électorales qui ont secoué la Côte d’Ivoire entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011.