C’est un ticket Vip pour entrer tristement dans l’histoire de la 5ème République française que Nicolas Sarkozy vient de gagner, malgré lui. Celui qui avait jugé que l’Afrique n’était pas assez entrée dans l’histoire, est reconnu coupable de financement illégal de sa campagne de 2012 dans l’affaire Bygmalion. Une deuxième condamnation en moins d’une année pour Sarkozy. Qui fait l’objet d’une enquête pour trafic d’influence et blanchiment de crime ou délit visant les activités de conseil exercées en Russie. Par Malick GAYE – 

Le Tribunal correctionnel de Paris a prononcé une peine d’un an de prison ferme à l’encontre de l’ancien Président français que Nicolas Sarkozy va purger avec une surveillance électronique à domicile alors que le Parquet avait requis 6 mois. Même si ses conseils vont faire appel de cette décision, l’ancien Président français va marquer, malgré lui, la 5ème République. En effet, il est le premier Président de la France, sous la 5ème République à avoir autant de déboires avec la justice. En moins d’une année, Nicolas Sarkozy a été condamné à deux reprises.
Affaire des «écoutes»
L’ancien chef de l’Etat français, Nicolas Sarkozy, a été déjà condamné, lundi 1er mars 2021, à Paris, à trois ans d’emprisonnement, dont un ferme, pour «corruption et trafic d‘influence» dans l’affaire dite «des écoutes», née en 2014 d’interceptions téléphoniques avec son avocat Thierry Herzog.  Nicolas Sarkozy était accusé d’avoir tenté d’obtenir en 2014, par l’entremise de Me Herzog, des informations secrètes auprès de Gilbert Azibert, alors haut magistrat, dans une procédure concernant la saisie de ses agendas en marge de l’affaire Bettencourt.
Des informations qui devaient être délivrées par le magistrat en échange d’un coup de pouce pour un poste de prestige à Monaco. Finalement, le magistrat ne sera pas nommé à ce poste et Sakorzy sera placé en garde à vue, une première pour un ancien président de la République. Nicolas Sarkozy est reconnu, dans ce dossier, coupable de «corruption active» et «trafic d’influence».

Bygmalion 
Ces condamnations rappellent à quel point Nicolas Sarkozy est cerné par la justice et, pour des faits particulièrement graves pour un ancien responsable de son envergure. Pour rappel, l’affaire du jour porte sur un dépassement de plus de 20 millions d’euros du seuil légal autorisé en campagne électorale en France et celle des écoutes porte sur la promesse d’un poste de prestige faite à un haut magistrat en échange d’informations judiciaires le concernant.

Financement libyen de la campagne de 2007 
Ayant fait appel de ces deux jugements, Nicolas Sarkozy a donc suspendu ces condamnations. Deux procédures inachevées auxquelles s’ajoute une autre épée de Damoclès : l’affaire du possible financement libyen de la campagne présidentielle de Sarkozy en 2007. Un dossier pour lequel l’intéressé a été mis examen le 21 mars 2018 pour «corruption passive, financement illégal de campagne électorale et recel de fonds publics libyens». Des chefs d’inculpation graves complétés le 12 octobre 2020 par une mise en examen pour «association de malfaiteurs» dans ce même dossier, pour lequel il encourt une peine de cinq ans de prison et 375 mille euro d’amende. Et ce n’est pas tout.
Le 15 janvier 2021, le Parquet de Paris a confirmé l’ouverture d’une enquête pour «trafic d’influence» et «blanchiment de crime» ou «délit» visant les activités de conseil exercées par Nicolas Sarkozy en Russie. «La justice cherche à vérifier si l’ancien chef de l’Etat a seulement agi comme consultant, ce qui serait parfaitement légal, ou s’il se serait adonné à des activités de lobbying potentiellement délictuelles pour le compte des oligarques russes», écrivait Médiapart qui révélait l’ouverture de l’enquête. Ce nouveau dossier montre que l’ancien chef de l’Etat reste immanquablement dans le collimateur de la justice française.

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