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Le Général Mamadou Niang a dirigé le dialogue politique avant sa mort.

Benoît Sambou, représentant du pôle de la majorité : «Nous allions trouver un consensus historique grâce à lui»
«Nous avons accueilli le rappel à Dieu du Général Mamadou Niang avec beaucoup de tristesse. C’est un choc énorme pour moi. Je l’ai côtoyé pendant un an dans le cadre du dialogue politique. Et personnellement, j’ai décelé en lui des valeurs qui fondent ce pour quoi nous nous battons. Il a été un homme d’une très grande générosité, un patriote émérite qui a su donner de son temps au Sénégal à travers d’abord sa carrière militaire, mais aussi sa contribution extraordinaire à la stabilisation de la démocratie sénégalaise. Il a aussi beaucoup contribué à la première alternance démocratique au Sénégal. Nous étions très heureux lorsqu’il a été nommé président de la Commission du dialogue politique. Nous devons à cet homme beaucoup de reconnaissance. Il a fait preuve de paternalisme et d’amitié, de patriotisme désintéressé. C’est donc une lourde perte pour nous parce que nous avion encore des choses à faire avec lui. Il sera difficile d’avoir quelqu’un de sa trempe pour terminer le travail avec nous. Le Sénégal et la classe politique sont orphelins de celui qui a toujours su rassembler et construire un grand consensus. Je vais vous faire une petite révélation pour montrer la capacité de l’homme à concilier les positions. Lorsqu’il nous arrivait de ne pas s’accorder sur un ou deux points, nous lui disions : «Général, il faut marquer le désaccord.» Il nous rétorquait : «Non, je ne marque pas le désaccord. Vous allez vous entendre.» Et il remettait la question à un autre jour jusqu’à ce qu’on s’entende. Nous étions convaincus, après l’évaluation du processus et l’audit du fichier, que nous allions trouver un consensus historique grâce à lui. Je ne sais pas si on aurait la même appellation que «Code Kéba Mbaye», mais nous allions nous entendre sur l’essentiel. Et il allait marquer le dialogue politique de son empreinte.»

Déthié Faye, représentant du pôle des non-alignés : «Nous sommes déterminés à obtenir un code qui pourra porter son nom»
«J’ai appris avec beaucoup de peine et de tristesse le rappel à Dieu du Général Mamadou Niang, président de la Commission politique du dialogue national. Son décès est une perte énorme pour notre pays. Le Général Niang était un homme qui avait une haute conscience de la mission que les autorités du pays et les acteurs politiques lui avaient confiée en le plaçant à la tête de la commission politique. Son ouverture d’esprit, son équidistance, sa posture d’homme attaché aux valeurs de la République, et la confiance des acteurs du dialogue ont permis à la commission politique d’aboutir aux excellents résultats qu’elle a obtenus. Le Général Niang laisse derrière lui un grand vide. Je prie le Tout-puissant de l’accueillir dans son Paradis et présente mes condoléances attristées à sa famille, à l’Armée, à la commission politique et au président de la République. Au vu des différents consensus et prenant en compte des recommandations sur l’audit et évaluation du processus, on allait vers un code consensuel à la hauteur du code de 92. Nous espérons, avec l’esprit qu’il a imprimé à la commission, que les acteurs se feront un devoir d’honorer sa mémoire en finalisant les travaux. Nous sommes déterminés en tout cas à obtenir un code qui pourra porter son nom.»

Saliou Sarr, représentant du pôle de l’opposition : «On aurait aimé terminer ce processus sous sa présidence»
«Le décès du Général Mamadou Niang est une grosse perte pour le Sénégal. Il a été un homme de consensus et un pédagogue avec beaucoup d’expérience. Il nous a véritablement aidés à trouver des consensus. A chaque fois que c’était difficile, il a eu la patience et la sagesse de dire : «Arrêtons et remettons un tel point à demain pour trouver une solution.» Il a été donc un grand patriote qui a toujours eu le Sénégal devant lui. L’on retiendra aussi qu’il a remis un Rapport spécial, puis complémentaire au chef de l’Etat. Et il ne restait que l’audit du fichier et l’évaluation du processus électoral et 2 ou 3 autre points comme le rôle de la justice dans les élections et la Haute autorité des élections, l’évaluation du parrainage à la Présidentielle. Lors de la remise du Rapport complémentaire, il a dit : «Alhamdoulillah, c’était ma dernière mission.» On aurait aimé terminer ce processus et avoir les résultats sous sa présidence, mais Dieu en a décidé autrement. On aurait pu avoir un code consensuel comme celui de Kéba parce que tout ce qui a été fait l’a été sous sa présidence : Plus d’une vingtaine d’accords, 2 désaccords et 2 points à rediscuter. Dans l’histoire du Sénégal, on ne l’a jamais eu. Quand on démarrait les concertations politiques, les pôles de l’opposition et de la majorité se saluaient à peine. C’est lui qui a rétabli la confiance entre les acteurs. Le Général Niang laisse une excellente idée sur le bon Sénégalais. Il nous reste donc qu’à prier pour que Dieu l’accueille dans son Paradis pour tous les services qu’il a rendus au pays.»

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