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La distribution de l’aide alimentaire, qui a été financée pour un montant de 69 milliards de francs Cfa, a été l’une des mesures phare du Programme de résilience économique et sociale (Pres), pour assister les ménages vulnérables. Malheureusement, sa mise en œuvre a été truffée de couacs et d’irrégularités. De l’attribution des marchés du transport de ces vivres à la distribution des kits, en passant par le recensement des cibles, via le Registre national unique (Rnu).

15 jours. C’est le délai initial qui a été fixé pour assurer la distribution des kits alimentaires aux ménages pauvres estimés à 1 million, y compris les daraas. Mais au finish, l’opération a duré plus de trois mois. Cela, à cause d’une kyrielle d’impairs notés dans la gestion de Mansour Faye, ministre du Développement communautaire, de l’équité sociale et territoriale d’alors. Aussi bien dans le dossier relatif à l’achat, le transport que la distribution des denrées alimentaires dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. D’innombrables zones d’ombre ont été notées dans le choix des sociétés auxquelles a été attribué le marché de fourniture de riz. Les critères de choix ont été jusqu’ici jugés peu orthodoxes. Par exemple, Afri and Co, société adjudicataire de l’un des marchés, n’est pas connue dans les registres de la Douane sénégalaise pour avoir importé une seule tonne de riz dans ce pays. Et pourtant, cela ne l’a pas empêché de rafler un marché de 8 milliards 250 millions de francs Cfa.
L’acheminement de cette aide alimentaire avait également fait l’objet d’une polémique. Surtout le quota qui a été attribué à la société Ude du député et homme d’affaires Demba Diop Sy, membre du groupe parlementaire Benno bokk yaakaar (Bby). Pour certains, la loi ne permet pas aux députés de gagner des marchés sans une dérogation de l’Assemblé nationale.
Par rapport à cette question, Mansour Faye a été d’ailleurs dénoncé par Guy Marius Sagna et Babacar Diop à l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac) pour «mauvaise gestion». Mais cette plainte est restée sans suite. A preuve, le ministre qui a été interpellé sur cette question au «Grand jury» de la Rfm avait dit : «Cette plainte, je l’ai suivie à travers les médias. Je n’ai pas été convoqué. Semble-t-il, ils avaient évoqué la question du transport. Mais je puis vous assurez que M. Diop Sy n’a signé aucun contrat de prestation avec le ministère du Développement communautaire. Les gens pensaient même qu’il y avait conflit d’intérêts. Non du tout, parce que ce n’est pas Diop Sy. L’Ude faisait partie des prestataires de transport et rien n’interdit à Diop Sy, propriétaire, sa structure gérée par une autre personne, de se présenter.»
La disponibilité du matériel roulant avait aussi posé problème. Le nombre de camions disponibles a été en deçà des attentes. S’y ajoute la rupture des stocks de pâtes alimentaires. Des manquements ont été par ailleurs notés dans le recensement des cibles via le Registre national unique (Rnu). Des doublons ont été relevés çà et là ; des membres de groupes vulnérables, entre autres, omis.
Pour corriger cela, des quotas spécifiques ont été alloués à ces personnes oubliées dans la distribution des kits ; d’où d’ailleurs l’augmentation du nombre de ménages ciblés qui passe de 1 million à 1 million 100 mille.
L’opération de distribution qui ne devait durer que deux semaines a accusé, en fin de compte, un grand retard.
Chaque ménage devait recevoir un kit alimentaire de produits de première nécessité (huile, pâtes alimentaires, riz, savon, sucre) pour un montant de 66 mille francs Cfa.
Pour l’achat de ces vivres, le budget initial a été arrêté à 69 milliards de francs Cfa. Une enveloppe résultant du Programme de résilience économique et sociale adossé au Fonds force Covid-19 d’une somme de 1 000 milliards de francs Cfa.
Le Pres a été destiné à renforcer les ménages et les entreprises impactés par la pandémie.

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